Hétérophonie/Bucarest/2006

Hétérophonie avec Ana Banica, Bucarest 2006

Dans le cadre du sommet de la francophonie à Bucarest, Banlieue d’Europ’est a invité artisnotdead a montré un autre visage de la langue française. La vidéo présentée ici est celle de Laura Todoran, elle a été réalisée en Serbie (pays non-membre de la francophonie) avec des Serbes non-francophones. Les gens qui n’ont aucune notion de français cherchent à réciter un poème en français, langue qui évoque pour eux le langage de l’amour, la musicalité, la sensualité et l’érotisme. Ils expriment à travers leur lecture comment ils ressentent la langue sans la comprendre et toute la culture qui va avec. Cette vidéo « chanson d’automne » a été présenté dans de nombreux festivals.

http://www.artisnotdead.fr/action.php?id=26

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LABORATOIRES ARTISTIQUES URBAINS

Rencontre régionale Banlieues d’Europ’est                                 
LABORATOIRES ARTISTIQUES URBAINS
Expérimenter. Inventer. Mobiliser 
Timisoara 2008   
Avec le soutien du Centre Culturel Français de Timisoara et Banlieues d’Europe, France
Partenaire: La Faculté des Arts et de Design, Timisoara

Loin des espaces formatés ou des circuits artistiques traditionnels, les artistes inventent des formules, développent des processus artistiques impliquant la population, proposent de formes de diffusion inédites. Dans ces laboratoires artistiques urbains, artistes, chercheurs et population travaillent ensemble pour inventer, expérimenter, créer et partager de nouvelles formules d’action artistiques, en lien avec le territoire, le quotidien, la mémoire, le vécu. Souvent, dans des pays dits en transitions, ce type de projets représente une alternative viable pour les zones urbaines marginales, caractérisées par la pauvreté, le vide culturel, l’exclusion.

L’axe central du projet a été représenté par l’idée de LABORATOIRE, comme lieux de travail, d’expérimentation, de recherche et de production. L’idée de laboratoire permet de croiser des pratiques, des disciplines, des méthodes.

Le deuxième axe du projet s’est concentré autour de l’idée d’INNOVATION, introduire quelque chose de nouveau dans des modèles de pensée, de fonctionnement et d’action traditionnels.

 Le troisième axe du projet a visé l’idée de la PARTICIPATION. Construire l’inclusion, favoriser la participation, exercer la capacité d’expression et de création, activer les lieux de vie, ouvrir des espaces d’expérimentation, de recherche et d’action, faciliter l’accès sont aujourd’hui des objectifs hautement déclarés mais rarement suivies des actes, des gestes concrets.

  

 Quelques questions des ateliers:

Introduction thématique – Jean HURSTEL, Président de Banlieues d’Europe / France

 « Du laboratoire au territoire » – Hugues BAZIN,  Chercheur indépendant en sciences sociales

 Atelier 1 // ROUMANIE, TIMISOARA

« C’est bien que ça se passe- le rôle des expérimentations artistique et culturelle  en Roumanie » – Antoine BURRET, étudiant, Master management et politiques culturelles dans les Balkans //

Le Festival sTRAdART// Timisoara

Eric BAUDE, Directeur du CCF Timisoara, Julie MANIERE, Chargée de mission culturelle au CCF Timisoara , Violeta MIHALACHE, Chef du Département Information et Communication, Mairie de Timişoara , Melania POP, Raluca POP, GTZ (Centre de coordination pour la réhabilitation des quartiers historiques de Timisoara), Vlad CADAR, Artiste participant

  

 Atelier 2// INVENTER : Dispositifs, pratiques et compétences expérimentales (création, production, diffusion, gestion et réseaux, coopération)

Istvan SZAKATS, Lala PANAIT,  La Fondation AltArt, Cluj // Roumanie , Laure GAYET, Association Dédale // Festival Emergences – Smart City // France, Modérateurs : Hugues BAZIN // Silvia CAZACU

Quel type de pratiques/dispositifs, quel processus de création, quelles moyens de production et de diffusion. Les leviers de l’innovation.

 

Table ronde –  LABORATOIRES ARTISTIQUES URBAINS : enjeux, limites et perspectives (recherche: des approches culturelles, artistiques, sociales, territoriales //organisation //autogestion//évaluation)

Hugues BAZIN, « Du laboratoire au territoire » , Istvan SZAKATS, Lala PANAIT, La Fondation AltArt, Laure GAYET, Dédale // Festival Emergences, Antoine BURRET, étudiant au Master management et politiques culturelles dans les Balkans à Belgrade, Silvia CAZACU, Banlieues d’Europ’est, Corina RACEANU, expert indépendant, Modérateur: Jean HURSTEL, Banlieues d’Europe

De quelle manière les pratiques artistiques modifient-elles l’espace socio-humain et urbain ? Et inversement, de quelle manière la confrontation avec le territoire modifie-t elle les pratiques artistiques? Comment construire/favoriser la mobilisation ? Quelles modalité d’implication/participation des populations, d’appropriation du territoire, quels moyens de pérennisation de ces pratiques, enjeux et difficultés/limites de ce type de projets. Quelle ingénierie de projet? Comment activer la création artistique dans un contexte moins ou non institutionnalisé et plus proche du contexte de la vie réelle ? Comment mettre en place des comités de pilotage ouverts avec des dynamiques transversales? Quels liens avec les circuits artistiques traditionnels ?

    

Synthèse

Remarque:.

 

Les Rencontres ont été organisées à Timisoara, à la Faculté des Arts et de Design. Nous avons choisi cette location dans le but d’associer les institutions dans une démarche qui visait l’élaboration et la mise en œuvre d’approches et de méthodes permettant de prendre en considération les réalités d’un pays, d’une ville, en sorte de définir des stratégies d’action et de développement adaptées au contexte. Un des objectifs de Rencontres était de sensibiliser les responsables d’institutions publiques et les acteurs culturels de Timisoara à la nécessité de nouvelles formes d’actions participatives et d’une approche pluridisciplinaire qui intègre la dimension globale du cadre de vie: le territoire, les populations, les acteurs du développement. Dans le même sens, le projet, localisé à Timisoara, avait quelques objectifs particuliers:

·         développer la coopération et le dialogue au niveau européen grâce à l’échange d’informations, la mise en réseau et la mise en débat

·         sensibiliser les étudiants en art et gestion de projets culturels au domaine de l’action interdisciplinaire

·         valoriser la recherche pour renforcer la qualité de la réflexion et de la transmission des pratiques, de savoir et leur capacité à répondre aux besoins des habitants d’une ville, aux transformations urbaines actuelles

·         réfléchir sur la créativité comme agent de transformation sociale, voir comment les projets artistiques peuvent initier des dynamiques sociales, citoyennes

L’élément intéressant et original fut la volonté des autorités de s’associer à notre démarche confrontée au désintérêt des acteurs culturels locaux (malgré le travail de communication fait). Cela prouve la nécessité de transformer l’action culturelle, de la refonder en passant par des laboratoires. L’absence de public a transformé ces rencontres, devenues ainsi un espace de réflexion et de débat libre au sein d’une institution absente et désintéressé. Dans ce contexte difficile, les démarches d’un réseau comme Banlieues d’Europ’est gagnent de nouvelles dimensions, orientées vers un travail multiplié, réactif, à l’écoute des besoins réels identifiés sur le terrain. 

I. IDENTIFICATION DES PROBLEMATIQUES

 

Les débats sur les laboratoires artistiques urbains ont soulevé quelques questions importantes dans le contexte urbain actuel :

·         il y a un problème généralisé de manque (d’intérêt, de moyens, de politiques culturelles viables, de financements)

·         les alternatives existantes (des lieux/les friches, de travail dans les quartiers et dans l’espace public, des échanges internationaux  par les réseaux, etc.) répondent-ils aux enjeux actuels?

·         la difficulté d’évaluer l’impact politique ou social des actions culturelles, des interventions artistiques

·         la présence d’un archétype de la manière dont on voit la culture: une culture patrimoniale qui coûte très chère et qui n’est pas accessible pour tous

·         l’échec de la démocratisation culturelle (les gens ne rentrent pas dans les endroits culturels)

·         le questionnement du rapport de la culture aux territoires et aux populations

·         une crise institutionnelle: l’impossibilité de saisir les réalités et de répondre aux défis actuels, un discours autiste, construit à l’avance, des lieux culturels conçus comme une reproduction de la vie esthétisée

·         la politique de l’offre pratiquée par de nombreuses institutions culturelles ne favorise pas ou peu l’élargissement social des publics

·         la prolifération des projets classiques habillés d’alternatif

·         l’absence de l’espace public dans sa définition politique: le lieu rationnel ou on problématise les enjeux, ou on pose des questions publiques (Hugues Bazin)

·         plusieurs types de frontières actives qui font l’échec de la démocratisation culturelle

·         la nécessité d’une délocalisation du pouvoir

·         la difficile émergence des actions innovantes

·         l’impossibilité pour certaines actions innovantes de s’inscrire dans la durée

·         la notion de résidence : mise en question du sens et des objectifs

·         la diversité des modèles de politiques culturelles en Europe, la difficulté pour des pays comme la Roumanie de choisir un système viable ou d’en inventer à partir de réalités existantes

 

II.         ENVISAGER QUELQUES PISTES ….

·         Le laboratoire (expérimentation, innovation, mobilisation)

Le laboratoire comme :

        une attitude, une approche

        une façon d’envisager les pratiques de création et d’invention

        un “espace“ de croisements et de convergences potentiels, de circulations et d’explorations

Le Laboratoire comme un ensemble «agrégatif»

Le laboratoire comme dispositif dynamique:

        métamorphoser les pratiques culturelles/ artistiques

        accueillir de nouveaux contributeurs

        faire circuler les initiatives, les points de vue

        proposer des formes d’action

        faire apparaître des situations

        baliser les territoires (géographiques, disciplinaires, etc.)

Le laboratoire comme révélateur:

        pour chaque participant comme pour les récepteurs

        à des recherches/démarches

Dimensions:

        recherche: des approches culturelles, artistiques, sociales, territoriales

        organisation: autogestion/évaluation

Démarches:

        créer de l’interdisciplinaire (la fonction de l’artiste aujourd’hui dans la société n’est pas simplement de créer un œuvre, les artistes sont de plus en plus interdisciplinaires)

        la logique de laboratoire – une logique interdisciplinaire qui n’est pas une addition de compétences mais une mise en correspondance

        créer des correspondances entre les champs d’activité (l’art, le social, et la science etc…)

        créer des situations collectives de travail

        trouver des outils méthodologiques adaptés au contexte

        produire une société de connaissance

        développer des lieux de création culturelle où les acteurs (habitants, travailleurs sociaux, artistes, etc.) s’interrogent sur leur rapport au territoire et sur le rôle de la culture

Une définition du laboratoire : énergie et capacité de transformation de la culture (Hugues Bazin)

·         La mobilité

Aujourd’hui la fracture n’est pas entre les gens cultivés et les gens moins cultivés mais entre les gens qui sont mobiles et les gens qui ne le sont pas, les gens qui sont assignés à un territoire, un territoire qui est à la fois un territoire géographique, architectural, mais aussi un territoire mental. Dans ce cadre, l’enjeu principal est la capacité de créer de la mobilité (pas une mobilité ultracapitaliste, ultralibérale) mais une  mobilité politique, culturelle, de transformation, qui engage un travail sur le territoire (donc une mobilité spatiale) et une autre manière d’interroger le rapport du centre à la périphérie.

 

·         Les micropolitiques, les microréalisations (Hugues Bazin)

Le travail des laboratoires amène à la création de nouvelles centralités dans des zones marginales, isolées et instaure la mobilité entre ces centres. Dans ce sens, la rencontre avec l’artistique/l’artiste devient politique et agent de développement du territoire. Les laboratoires urbains peuvent générer également une mobilité entre les experts et les lieux.

Le travail dans le micro crée de nouvelles centralités qui permettent de dépasser le paradigme classique: le centre et la périphérie.

«Travailler aujourd’hui sur la frontière c’est aussi une manière de se réapproprier la culture comme agent de transformation des territoires.» 

Hugues Bazin

·         La notion de recherche-action et L’interstice (Hugues Bazin)

 

La recherche-action utilise le laboratoire comme un analyseur, un producteur de connaissance, un lieu d’expérimentation. Les diverses démarches du laboratoire conduisent à interroger les rapports au territoire et permet de créer des situations collectives de travail, des espaces libres, des interstices. Dans ce cadre, l’interstice devient un poste d’observation privilégié pour comprendre la ville, le territoire. 

On peut créer des interstices aussi dans les institutions La création d’un espace de travail diffèrent, interstitiel, est aussi une façon d’envisager le travail de laboratoire. Dans ce sens, les participants aux Rencontres ont expérimenté cette idée par la création d’un Laboratoire ad hoc, au sein d’une institution à Timisoara – la Faculté des Arts – dont les représentants étaient absents. Cette réalité démontre le fait que les institutions ne sont pas intéressées à trouver des solutions à une crise qui affecte leur fonctionnement. 

Nous soulignions également la dimension subversive de l’interstice (Hugues Bazin) comme agent de transformation. La culture aujourd’hui représente aussi la capacité de (se) transformer: soi-même (en tant qu’individu) et l’environnement, la société.

On parle beaucoup à tous les niveaux de la diversité culturelle mais on ne pose pas une question simple: qu’est-ce que le travail de la culture aujourd’hui? Hugues Bazin affirme que «ce n’est pas simplement l’addition des identités culturelles différentes mais un travail qui réunit ces identités, notamment dans les quartiers dits populaires».

Une autre manière de qualifier l’interstice, de sortir des dispositifs «classiques», est de créer une mobilité entre différents lieux. Les expériences présentées lors de cette rencontre ont démontré qu’ils y a des artistes qui travaillent dans l’interzone, sur le déplacement, et qui mobilisent les populations de différents territoires. Les populations deviennent  co-acteurs du processus artistique, créant des centres là où ils sont (au sens physique ou symbolique du terme) sous la forme de friche, d’interstice, de centre culturel, un point d’un réseau, une galerie dans un appartement.

 III.      LES INTERVENTIONS

La réflexion s’est articulée à plusieurs niveaux :L’ESPACE PUBLIC 

o        deux ateliers thématiques en petits groupes de travail

o        deux interventions et une table-ronde réunissant les participants

Les interventions ont abordées deux types d’espaces de la ville (et de dispositifs /compétences /pratiques spécifiques): l’espace public et l’espace numérique.

 

a.     Le contexte local («C’est bien que ça se passe – sur le rôle des expérimentations artistiques et culturelles en Roumanie» par Antoine Burret)Thématiques et constats:

        La crise de la représentation politique (la question du contenu social et culturel de la démocratie)

        Une société autoproclamée civile

        Mimétisme institutionnel et spécificités culturelles

        Activisme artistique et micro politiques

Conséquences:

        Les anciens modèles de travail et de conception de la culture persistent et empêchent (par une modernisation de façade) l’avènement d’une politique culturelle adaptée au contexte et répondant aux besoins locaux.

        La difficile émergence des actions innovantes

        L’action culturelle se développe entre le mimétisme et les pressions internationales, ce schéma limite les apports politiques du volet culturel à la simple représentation (souvent folklorique) nationale

        L’enjeu pour les acteurs culturels en Roumanie se trouve dans leur capacité à implanter un cadre propice à l’émergence d’un modèle autochtone de développement en redéfinissant les paradigmes selon le contexte local

 

 

        Le manque d’intérêt de la part des institutions mais aussi du public pour les manifestations culturelles qui prennent en compte les  pratiques artistiques innovantes et participatives

 

 

b.      La présentation des actions réalisées Timisoara – Le Festival d’Arts Urbains sTRAdART
Le contexte localQUESTIONS : est-ce qu’on peut parler d’une nouvelle utopie de jonction, de communication? de nouveaux agoras et nouveaux e-space, nouvelles communautés (virtuelles), des e-tribes (Istvan Szakats) ?

 

        La périphérie se trouve marginalisé du centre, isolée, avec une population exclue des circuits urbains

        Les institutions publiques sont concentrées au centre, sans  politique d’ouverture aux nouvelles catégories de public

        Les populations défavorisées ne disposent pas d’instruments/dispositifs pour exercer leur droit à la culture, à la participation. Ces populations ne sont jamais touchées par l’offre culturelle existante. Très souvent, ces catégories de population sont perçues comme des entités qui doivent être assistée.

         La nécessite d’une politique qui déplace le regard, qui délocalise le centre de pouvoir

 « Nous ne sommes pas très participatifs… » Corina Raceanu, expert indépendant

« Concernant le thème de laboratoires artistiques urbains, il y a un manque d’intérêt pour ces problématiques. » Melania Pop, Centre de coordination pour la réhabilitation des quartiers historiques de Timisoara

Les participants ont évoqués l’exemple du quartier Fabric de Timisoara, une zone ouvrière pauvre, isolée, avec beaucoup de communautés : magyare, bulgare, serbe et tzigane.

« Du point de vue historique, le quartier Fabric est la zone où il y a 300 ans les premières fabriques sont apparues et l’industrie locale a commencé à se développer… Qu’est-ce que nous avons fait ces derniers 300 ans ??? Rien.» Violeta Mihalache, Mairie de Timisoara« sTRAdART ne changera pas notre perception sur la zone… La solution serait de multiplier cette initiative le plus possible. » Violeta Mihalache, Mairie de Timisoara 

« Le Festival sTRAdART représente une tentative de se réapproprier l’espace… une réconciliation avec l’espace public… une modalité d’aller à la rencontre de ce public. (n. le public des quartiers périphériques) ». Eric Baude, directeur du CCF Timisoara  

Compte tenu du déficit d’action des institutions publiques locales, les services culturels étrangers (français et allemande) ont initié un Festival d’Arts Urbains (http://www.ccftimisoara.ro/?id=600) visant à créer de nouveaux rapports avec les populations, faciliter leur implication et  diversifier les modes d’expression.

 

Conclusion: Dans le contexte de Timisoara, le Festival sTRAdART représente un projet innovant (Julie Manière, CCF Timisoara) pour deux raisons: le lieu sensible et le rapport au public (populations).  Le projet a généré également des collaborations entre les acteurs sociaux et culturels travaillant sur le territoire. Il s’agit de créer des communautés d’intérêts, des ponts entre les compétences de chacun, leur connaissance du territoire et des populations. En absence d’une politique culturelle cohérente, ces partenariats permettent d’agir efficacement au plus près des réalités sociales et des besoins des habitants

L’ESPACE NUMERIQUE

L’atelier s’est concentré autour de quatre dimensions de l’innovation:

CREATION

        les nouveaux territoires d’investigation artistique, les « e-formes »

        le “dispositif” en tant qu’espace partagé, évolutif,  critique/un lieu actif et générateur de différentes esthétique

        le dispositif comme espace socio-technique (auto-construction collective)

        nouvelles transactions face à “l’objet culturel”, l’invention de relations entre des sujets: destinataires, correspondants et acteurs, nouvelles formes de relation au public

PRODUCTION

        comment trouver une économie à ces formes artistiques en construction (production, diffusion, publics)? avec quels nouveaux outils se produisent ces projets ?

DIFFUSION

        comment montrer? comment diffuser? inventer des lieux ou des structures passerelle avec les territoires (capables de faire le lien avec les acteurs sociaux et les populations)

GESTION

        l’apparition d’une nouvelle génération d’acteurs culturels. réflexion/analyse sur la gestion de tels projets, quelles conséquences organisationnelles, économiques etc.

 

« L’espace numérique n’est pas un espace alternatif… pour nous l’utilisation des nouvelles technologies permet de coller à une réalité qui est celle de la culture d’aujourd’hui…. Utiliser les technologies dans la création artistique permet de ne pas laisser l’espace commercial le seule détenteur de cette technologie et ne pas utiliser les jeunes sans signification et sens réel… de proposer une nouvelle lecture de la ville – qu’elle soit décalée, qu’elle soit artistique, critique, juste en utilisant les outils et les usages qui correspondent à la réalité urbaine contemporaine. »  Laure GAYET, Dédale // Festival Emergences

Les technologies émergentes sont aujourd’hui un instrument accessible générant une production et des liens, une netographie qui étend progressivement, continuellement, l’audience et les contributeurs. Les «pocket techologie» représentent une nouvelle dimension qui transcende le réel et qui génère de nouveaux espaces. Le bénéfice de ce phénomène est la création de nouvelles plateformes sociales avec un fondement de confiance public basée sur le click et le lien direct vers les communautés (Istvan Szakats).  

« Le virtuel créé du réel (voir la circulation des phénomènes via Internet). »  Hugues Bazin, chercheur 

 « L’âge électronique total s’installera bientôt. » Istvan Szakats, La Fondation AltArt

 

Le trinôme Art, Culture, Technologies produit de nouveaux agoras, de nouveaux espaces citoyens. Dans ces espaces collaboratifs, les notions de mobilité, de socialisation, de rencontre sont très usitées dans le but de casser les frontières multiples de l’espace réel. L’architecture mobile qui se crée permet une nouvelle lecture de la ville transformant les perceptions des utilisateurs. L’activisme et le détournement de codes de communication contribuent à la construction de cette nouvelle perception et répondent aux nouveaux enjeux urbains, y compris le phénomène de développement souhaitable où le citoyen doit trouver une place centrale.
 Synthèse réalisée par Silvia CAZACU et Antoine BURRET

 

PROJETS, STRUCTURES, INTERVENANTS

BANLIEUES D’EUROPE est un réseau culturel européen qui rassemble des acteurs culturels, des artistes, des responsables associatifs, des travailleurs sociaux, des chercheurs, des élus, sensibilisés aux questions de l’action artistique dans les quartiers défavorisés en Europe et en direction de personnes en situation d’exclusion. Depuis une dizaine d’années, Banlieues d’Europe organise de nombreuses rencontres internationales (Bruxelles, Strasbourg, Valencia, Roubaix, Glasgow, Berlin, Reims, Barcelone, Liège, Lyon, Bucarest, Anvers, Belfast…), participe à un nombre important de séminaires et de formations, publie des ouvrages de référence sur des projets culturels en Europe. Banlieues d’Europe est aujourd’hui un véritable lieu ressources de l’innovation culturelle et artistique en Europe, notamment via la diffusion de notre lettre d’informations électronique B@nlieues d’Europe. Le réseau rassemble environ 300 membres dans toute l’Europe. Banlieues d’Europe développe également la formation professionnelle à travers différentes sessions sous l’intitulé  » Université culturelle des Banlieues d’Europe « .

Centre de ressources de l’innovation culturelle et artistique en Europe

Banlieues d’Europe met en relation des artistes et des acteurs culturels travaillant sur des projets innovants autour de l’intégration des populations défavorisées en Europe, répond à des propositions d’échanges à l’échelon européen, participe de l’évaluation des projets et de l’expertise sur les questions de démocratie culturelle et reste ouvert aux diverses demandes en provenance d’artistes, d’associations, de collectivités à l’échelle internationale.

Rencontres & séminaires thématiques

Véritable plate-forme européenne d’échanges, les rencontres du réseau permettent à des professionnels des secteurs de la culture, de la politique de la ville, du secteur social, de l’urbanisme, de la recherche, de se rencontrer et de réfléchir de manière approfondie sur les problématiques liées à leurs pratiques.

Lettre d’informations électronique

B@nlieues d’Europe est bimensuelle et bilingue (français/anglais), elle relate les actualités permanentes des membres et partenaires de notre réseau, ainsi que celles d’artistes, d’acteurs et d’opérateurs travaillant dans les mêmes champs de compétence. Au sommaire : Agenda de la coordination du réseau, Nouvelles du réseau Banlieues d’Europ’Est, Actualités des membres et partenaires, Appels, Coups de coeur… Parution le lundi (tous les quinze jours). Envoyez-nous vos informations !

Formation professionnelle

La formation proposée par Banlieues d’Europe s’adresse aux professionnels du secteur social et culturel, afin de leur permettre d’acquérir à travers différents apports théoriques et pratiques des outils de médiation culturelle et interculturelle. Les séances alternent entre chercheurs universitaires, acteurs de terrain, responsables de politiques publiques, choisis à un niveau européen.

Recherche

Banlieues d’Europe participe à différents projets de recherche au niveau européen. Le réseau apporte son soutien au repérage des pratiques auprès des institutions culturelles et des artistes, et permet une interface avec la recherche universitaire (Direction recherche de la Commission Européenne, 5e PCRD : http://www.citynexus.com). Banlieues d’Europe est également sollicité pour des expertises en Europe : Programmes Urbact, DG Education-Culture, DG Affaires sociales…

 Jean HURSTEL, Président de Banlieues d’Europe / France

Jean Hurstel, formé à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Strasbourg (TNS), a fondé le théâtre universitaire en même temps qu’il effectuait des études de philosophie. Passionné par la question de la relation au public et de l’insertion du théâtre dans la cité, il poursuit plusieurs expérimentations à l’usine Alstom à Belfort, dans les quartiers ouvriers de Montbéliard Peugeot et dans le Bassin Houiller Lorrain. De 1992 à 2003, il dirige la Laiterie – Centre européen de la jeune création à Strasbourg. Jean Hurstel est également le président-fondateur du réseau culturel européen Banlieues d’Europe qui fédère les projets artistiques dans les quartiers populaires du continent. Depuis 2003, il est expert dans le programme Urbact de la Commission européenne et président des Halles de Schaerbeek à Bruxelles depuis le 1er juin 2006.

Publications : « Jeunes au bistrot, cultures du macadam » – Editions Syros – 1984 « Chroniques culturelles barbares » – Editions Syros – 1988 « Réechanter la ville » – Editions L’Harmattan – 2006

 

Hugues BAZIN, Chercheur indépendant en sciences sociales, Coordinateur scientifique du programme « Du laboratoire au territoire »

Hugues BAZIN est chercheur indépendant en sciences sociales, il développe à travers le principe de recherche-action des espaces de connaissance partagée et de transformation sociale en milieu populaire. Il crée en 2002 la plate-forme Internet http://www.recherche-action.fr devenue depuis un élément de référence en ce domaine. Ces programmes de recherche en situation ont contribué à la naissance et au développement en France d’un réseau inter-régional d’acteurs en recherche-action appelé « Espaces populaires de création culturelle ».

En 2006, une recherche-action intitulée « Du Laboratoire au territoire, le travail de la culture entre Paris et banlieue » est proposée dans le cadre du programme de recherche interministériel « culture en ville ». Elle s’établit principalement sur le 18ème arrondissement de Paris. Le but est de présenter une autre approche du territoire et de la culture en partant de la manière dont les acteurs s’approprient les espaces. Nous y retrouvons les notions d’interstices urbains, d’art contextuel ou participatif, ateliers-résidences, de pratiques transversales et interdisciplinaires, également un autre rapport de l’individu au collectif, de la singularité à la multitude, du centre à la périphérie, de la proximité à la distance. Créer des expérimentations dans ce sens n’est pas sans questionner le fonctionnement des lieux et des projets culturels habituellement divisés entre une « culture verticale » et une « culture horizontale ». Partir des espaces, là où la culture se réinvente et devient agent de transformation, c’est chercher des formes alternatives de développement social, économique, culturel…

Laure GAYET, Association Dédale // Festival Emergences – Smart City // France

Dédale est une plateforme de recherche, de production et de diffusion dédiée aux nouvelles formes artistiques et aux nouveaux médias en Europe. Son champ d’intervention concerne toutes les disciplines artistiques (arts visuels, arts de la scène, musique, arts de la rue, cirque, marionnettes, architecture, design…), le plus souvent dans une logique de croisement et d’hybridation. Elle s’intéresse tout particulièrement aux pratiques artistiques émergentes et aux nouvelles formes de médiation artistique.

Dans le cadre de ses activités, elle met en place le festival Emergences, qui a consacré ses 2 dernières éditions à la thématique SmartCity. Cette thématique correspond à un programme européen de recherche et de production artistique éponyme, initié et conduit par dédale autour du concept de « ville intelligente ».

A la pointe des nouveaux usages et des dernières avancées technologiques, SmartCity propose de transformer l’espace urbain – à l’intérieur duquel se cristallisent de nombreux problèmes de société – en lieu privilégié d’expérimentations.

Artistes, chercheurs, architectes, penseurs, politiques, industriels, ingénieurs, militants sont conviés à imaginer des formes inédites d’appropriation de l’espace urbain et, ce faisant, à définir une vision alternative de la ville, qui (re)donne aux habitants une place centrale. Dans le cadre du festival Emergences 2008, une première série d’expérimentations territoriales ont été réalisé. 20 artistes pluridisciplinaires étaient accueillis en résidence à la Cité internationale universitaire de Paris. Le résultat de ces recherches était présenté à l’occasion de la conférence SmartCity le 30 septembre dernier.

 

Istvan SZAKATS, Lala PANAIT, La Fondation AltArt, Cluj // Roumanie

AltArt contributes to the development of digital culture and to consolidating the cultural sector in Romania.

AltArt Foundation promotes new ways of artistic expression and a more participative approach of art from both artists and audiences. The foundation carries out mainly interdisciplinary projects, involving new media, film, photography, animation, performance.

The presentation showcases various projects of the AltArt foundation undertook in the last 8 years of activity

Antoine Burret, étudiant, Master management et politiques culturelles dans les Balkans

Mémoire de Master 2 : Le développement des pratiques artistiques et culturelles innovantes et participatives dans les pays en transition – étude de cas sur la Roumanie – D’un projet artistique à un projet politique

L’objectif ici n’est pas d’établir une typologie de projet local mais plutôt d’une certaine manière de décrire un contexte, d’en ressortir des mécanismes et pour faire échos à l’atelier qui va suivre, tenter de questionner dans ce contexte spécifique les compétences, les pratiques, les dispositifs à inventer afin de développer certaines formes de pratiques artistiques et culturelles. Le choix d’axer cette réflexion sur la Roumanie relève d’une opportunité stratégique. Non seulement sa situation économique et sociale est symptomatique des autres pays de la région mais en plus, l’entrée récente de ce pays au sein de l’Union Européenne entraîne une nécessité politique de suivre les directives européennes et interroge le rôle du développement culturel dans les mutations sociales auxquelles ces pays se confrontent ou vont se confronter. Comme ses voisins, elle souffre encore du brutal changement systémique imposé sans concertation à la chute du régime communiste. L’entrée dans l’Union Européenne a permis de développer les infrastructures sur un modèle mimétique mais les institutions n’ont pas observé de véritable bouleversement, entraînant une crise de la représentation politique et conséquemment, la rupture profonde du dialogue social. La société se détourne de la politique, la politique se détourne de la société.

Dans ce contexte, les acteurs de la société civile s’organisent grâce au soutient d’organismes supranationaux, mais en raison des politiques de formatage, ils s’éloignent du citoyen et corrélativement des raisons d’être d’une société civile. L’action culturelle se développe aussi dans ce même schéma entre le mimétisme et les pressions internationales, et limite les apports politiques du volet culturel à la simple représentation nationale. Cependant les mécanismes organisationnels et les actions de certaines ONG additionnés aux impératifs supranationaux de développement durable et aux agendas européens laissent entrevoir une perspective plus ouverte. Les impératifs d’innovation et la mise en valeur des politiques locales dans les stratégies de développement confèrent aux acteurs de la société civile et surtout aux acteurs de la culture une nouvelle dimension, qui est d’accompagner les institutions et les citoyens vers un modèle de société autochtone, participatif, nécessaire aux objectifs de développement durable. Le rôle crucial des pratiques culturelles et artistiques innovantes et participatives dans ce paradigme doit ainsi être mis en avant et servir de moteur au processus de développement grâce à leur capacité à créer de la mobilisation dans des systèmes micro-politiques effectifs. Néanmoins, ce nouveau rôle dépend de la faculté des acteurs de la société civile à créer des mécanismes de gestion et d’action complexe, intersectorielle et trans disciplinaire actif sur pour et avec les territoires en dialogue avec les stratégies mises en place afin d’adapter ou de modifier les mesures politiques internationales au contexte local.

 

sTRAdART, Festival d’Arts Urbains, « DELIRS PERIFERIC » // 2008

Rendez-vous des nouvelles formes artistiques urbaines, sTRAdART, projet franco-allemand porté par le Centre Culturel Français et le Centre Culturel Allemand de Timisoara, soutenu par le Fond Elysée, réunit pour la deuxième année à Timisoara des artistes français, allemands et roumains au sein d’une programmation transdisciplinaire et originale.

sTRAdART a pour vocation de faire la part belle aux nouvelles formes de création artistiques dans l’espace urbain : art en contexte, ville interactive, nouvelles architectures et nouveaux paysages urbains, art mobile, nouvelles cultures urbaines et autres formes d’appropriation artistique et critique de la ville.

Après avoir investi pour sa première édition la vieille place centrale du quartier Traian, sTRAdART se propose pour cette nouvelle édition de relier les quartiers anciens de Traian, Cetate et Iosefin, par la réappropriation artistique de tramways reliant ces trois quartiers voués à devenir des espaces culturels mobiles et la création d’un parcours urbain autour de cette ligne de tramway.

ARTISTES

Dans les tramways :

Julien GROSJEAN & Régis ESTREICH (FR) // TIMISOARA CAPPELLA – installation sonore // L’installation de Julien GROSJEAN & Régis ESTREICH s’articule à partir de témoignages d’habitants, d’archives radiophoniques sur le patrimoine, la culture, l’origine et l’Histoire de Timisoara, pour offrir une image sonore des quartiers de Traian, Cetate et Iosefin.

Rochus AUST (D) // LA VALISE SONORE – installation sonore et musicale //Cette pièce se construit de sons que Rochus AUST a enregistrés dans les quartiers de Timisoara ; à chaque station l’artiste ouvre sa valise et, accompagné de sa trompette, il offre un petit concert.

Sur les lignes :

Vlad CADAR (RO) // CULORI (COULEURS) – street art // Vlad CADAR propose, avec le projet CULORI, de changer l’atmosphère des lieux, des quartiers, et de la ville par des interventions colorées sur le mobilier urbain situé tout au long des lignes de tramway.

Silvestru MUNTEANU (RO) // INVISIBIL (INVISIBLE) – street art //Silvestru MUNTEANU installe dans les stations de tramway des autocollants grands formats où figurent les Invisibles, des personnages stéréotypés de différents ages et milieu sociaux peuplant les lignes de tramway et se révèlant souvent invisibles à nos yeux.

 

LE CENTRE CULTUREL FRANCAIS DE TIMISOARA

Nous souhaitons donner l’image d’une France riche d’une culture exigeante, active et diversifiée. En un mot, une culture attrayante. De ce point de vue, l’action du Centre s’inscrit dans les objectifs de la DGCID : « La diffusion de la culture française dans le monde constitue une constante de l’action du Ministère des affaires Etrangères. Si ce dernier accorde une attention importante aux oeuvres du patrimoine, il cherche prioritairement à faire connaître la création contemporaine française. » (La coopération internationale du Ministère des Affaires Etrangères, DGCID, Bilan 2002 et perspectives.) Cette politique prend tout son sens dans une ville comme Timisoara, dont la faiblesse de l’offre culturelle a été analysée précédemment. Le Centre Culturel Français ne pourra toucher son public qu’en lui offrant ce qu’il ne trouve pas ailleurs. Cette valorisation de la création contemporaine est inséparable d’une vraie pédagogie. Aucun public n’est acquis dans ce domaine. Il faut expliquer, convaincre les réticents et conquérir un public en demande de nouvelles cultures mais qui s’est détourné des salles de spectacles ou des lieux de diffusion culturelle. Dans une ville et une région où malgré un fort dynamisme économique, le secteur culturel reste fragile, le CCCL a un rôle décisif à jouer en mettant en relation les créateurs roumains avec les lieux de création et de diffusion européens. Il s’agit plus largement de briser l’isolement dont souffrent encore la plupart des créateurs roumains. Cette coopération prend une dimension particulière dans une ville comme Timisoara, qui souffre comme nous l’avons expliqué d’une image catastrophique sur le plan international. Tous les efforts du Centre, dans cette perspective, doivent contribuer à la restauration d’une image de la ville.

 

Melania POP, Raluca POP (Centre de coordination pour la réhabilitation des quartiers historiques de Timisoara) Participants: Melania Pop and Raluca Pop, cousellors of the City Hall for the rehabilitation project. 1. presentation (verbal joined by images) of the rehabilitation project in the context of Fabric, Cetate, Iosefin; the Project inside sTRAdARt. (Melania Pop) 2. presentation from stradart 2007, 2008 – verbal description plus relevant images (Raluca Pop). Basis for participation in sTRAdART: Data from the study regarding the socio-economical situation of the historical areas of Timisoara – Fabric, Cetate, Iosefin. (Video) The areas of Timisoara have a valuable historical and architectural significance. They gather around 14.000 old buildings. These historical quarters are the focus of the rehabilitation project. The same areas were the context for STRAdART. sTRAdARt 2007 – Traian (where the Rehabilitation Project’s office is located). sTRAdARt 2008 – Traian, Iosefin, Cetate – GTZs action area. Art in the public space – open, but difficult as approach – The Timisoara City Halls’s involvement. We saluted the idea because of the coincidence of spaces and interest regarding them. Our efforts are to raise the awareness of the inhabitants upon the topic of the rehabilitation of buildings, of architectural landscape. sTRAdARt comes as an intervention for the rehabilitation of spirit. Activities: Our focus in sTRAdARt. was upon the best target category to reach – children and via this target group, the other inhabitants. Through games of discovery, workshops, drawing, dancing, playing, discover, learn, revive, express themselves and impressions. Children traveled, sailed through the city by a boat (2007), and by tram (2008). Some were impressed by the technical gadgets, some by the music, the special tram of the festival. Presentation of both of editions

« Les centres de la périhérie» (Quand la marge devient centre…)

Synthèse des 1-ères RENCONTRES DU RESEAU Banlieues d’Europ’Est

Introduction

Organisées en collaboration avec le réseau Banlieues d’Europe, les premières rencontres de Banlieues d’Europ’Est se sont centrées sur la région est-européenne en articulant cette réflexion à la question des centres culturels périphériques, situés à la marge des villes ou des circuits artistiques traditionnels et officiels.

L’objectifs principal des ces rencontres était de s’interroger sur ces pratiques artistiques, leurs capacités de mobilisation et d’innovation, mais aussi leurs contraintes et leurs difficultés, afin d’en dégager la spécificité. Une quarantaine d’intervenants en provenance de Roumanie, Bulgarie, Serbie Monténégro, Macédoine, Slovénie, Autriche, France ont présenté leurs expériences et ont débattu sur des sujets divers : interventions provocatrices dans l’espace urbain périphérique, lieux-projets, engagement des artistes, modes d’expression mobiles et itinérants.


L’idée de cette première rencontre était de donner la parole aux acteurs qui développent des projets artistiques dans des contextes spécifiques (quartiers, communautés, espace public, prisons, lieux alternatifs…) pour faire connaître les difficultés qu’ils rencontrent mais encore l’enjeu de ce type de projets. Notre préoccupation était de rendre visibles les expériences déjà repérées, de les confronter, de les partager afin de pouvoir créer un espaces d’échange, d’émulation pour que cet enthousiasme, cette volonté d’agir puisse se concrétiser à travers des projets communs.

Quelques constats ressorties, liés au statut de la périphérie

(la périphérie = les expressions artistiques et culturelles, situées à la marge des villes ou des circuits artistiques traditionnels et officiels.)

– Le statut périphérique implique les notions de précarité, fragilité mais aussi d’expérimentation, improvisation, innovation, participation, implication, investissement personnel et financier… Les fonds pour les projets/les lieux de création “périphériques” proviennent essentiellement des centres culturels étrangers ou des fonds européens. Il y a souvent peu d’argent pour payer les équipes, les frais de fonctionnement des structures. Il faut trouver l’argent pour faire fonctionner les lieux au minimum. Cette recherche de fonds qui doit permettre de rester indépendant occupe du temps, au détriment de celui de la création. La fonction de l’artiste se transforme souvent dans celle de manier et de relier financièrement le centre à la périphérie.


– La périphérie relève de l’indépendance, de la liberté de création et de manifestation


– La périphérie est souvent identifiée comme un discours critique (perçu comme déstabilisateur/antisocial… de la part des officiels). Elle critique les aberrations du système, de la société de consommation, de l’hégémonie de la culture officielle/élitiste… Dans ce contexte, la périphérie dénonce souvent le centre en utilisant ses moyens. Les réactions des officialités face à des initiatives artistiques, comme le projet „Anthologie de la poésie roumaine au mur » à Petrila ou l’exposition sur Etienne le Grand à H’art Gallery, montrent et dénoncent l’opacité et le manque d’éducation culturelle des autorités.


– Démarches spécifiques : déterritorialisation de l’art, transformation du public en populations, prise de conscience sociale des artistes.

– Capacité de renouvellement, de régénération. Le système artistique et culturel se renouvelle toujours par les marges.

Questions ouvertes:

– Le rapport entre l’argent et la liberté/indépendance, subvention /subversion ou comment préserver l’autonomie de ces lieux-projets tout en assurant leur financement?


– Un enjeu fondamental pour les années à venir sera comment travailler cette question de relation entre le centre et la périphérie, pour que l’un ne soit pas exclu par l’autre et qu’une perméabilité s’installe entre les deux.


– L’apparition d’un processus complexe assez nouveau est l’accompagnement des populations dans la mise en forme de leurs propres représentations : un travail qui demande des moyens et aussi de la responsabilité de la part des artistes et des structures impliquées.


– Du point de vue culturel, la périphérie est devenue synonyme de la diversité et cette richesse est essentielle aujourd’hui. Mais il est important que cette richesse culturelle de la périphérie puisse se manifester, qu’elle ait les moyens d’émerger pour questionner, interpeller les systèmes figés, traditionnels/traditionalistes du centre.


– Le rôle des artistes dans une société, non pas comme supplément d’âme mais comme artisan de l’imaginaire, est révélateur : ils sont les moteurs à changer les mentalités.


– Comment un contexte politique oblige les artistes à repositionner leurs actions, dans un réseau multipolaire ?


– Comment activer la création artistique/culturelle dans un contexte moins ou non institutionnalisé et plus proche du contexte de la vie réelle ?

Questions fondamentales:

1. Que veulent transmettre ces centres de la périphérie, quel est leur message?


Dans plusieurs cas, la notion de périphérie ne traduit qu’une étape transitoire, sur un chemin évolutif dont le vrai but est de (re)venir au centre, de s’institutionnaliser, de se légitimer. En ce cas les acteurs subissent leur état périphérique en tant qu’ils sont débutants ou jeunes ou n’ont pas les moyens optimums de s’exprimer. Dans d’autres cas, le positionnement périphérique traduit une vraie réflexion et une manière d’agir et de réagir assumée. Le travail sur la notion de la périphérie est essentiellement différent lorsqu’on parle de la périphérie „de conjoncture” ou de la périphérie „assumée”.


2. Comment ces projets, ces artistes, ces lieux à la périphérie sont représentés dans les circuits d’information (rapports officiels, études, mass media, etc.) Quel est leur niveau de représentativité dans la culture d’un pays?

Quelques remarques sur le sujet des rencontres:

“La périphérie n’a que 10% du débat.” (Dan Perjovschi)

– “… la périphérie c’est le révélateur complet de l’inégalité sociale, que ce soit à l’Est ou àl’Ouest » (Jean Hurstel)

– „Il est difficile de faire une culture non-élitiste car je suis éduqué et formé pour faire de la culture de salon” (Matei Bejenaru)

– “Nous sommes à la périphérie et nous utilisons les moyens du centre. L’artiste est donc celui de la frontière.”(Jean Hurstel)

– „L’art c’est l’est de la société” (Dragan Protic)

– „La démocratie c’est la faculté d’inventer des réponses nouvelles” (Jean Hurstel)

– “L’art c’est pour faire exister. » (Fikri Tallih)

– « L’art de l’avertissement” (Aleksandar Brkic)

– “L’artiste est celui qui génère des modalités de sociabilités” (Matei Bejenaru)

– “…ce qui compte c’est l’amour, que l’on a peur d’évoquer et c’est cet amour qui relie le centre et la périphérie”. (Cristi Puiu sur ses “6 histoires d’amour de la périphérie de Bucarest ».)

– «Nous sommes ici (en Roumanie) à la périphérie de l’Europe, et ça c’est aussi important de le dire… » (Jean Hurstel)

Synthèse réalisée par Silvia Cazacu et Françoise Feger

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L’artiste et la ville/The artist and the town

 

2èmes Rencontres du réseau Banlieues d’Europ’est. En collaboration avec L’Institut Français de Sofia et Banlieues d’Europe//2th meeting of the Banlieues d’Europ’est network. In collaboration with the French Institute of Sofia and Banlieues d’Europe

SYNTHESIS

*** Introduction

The first meetings of Banlieues d’Europ’est – Centres on the Outskirts – presented many experiences having taken place on the geographical or artistic outskirts of cities, while emphasizing a series of issues that are to be researched in depth: funding, perennity of actions, partnerships.
The importance of these issues within the social and economic context of our times prompts us to carry out the reasoning process in more concrete terms, and to propose binomial terms such as: the artist and the city (artists` role in the life of the town, but also the role played by the elected officials and by the local authorities in the implementation of artistic projects), the artist and the population (the manner in which the artist settles in an area, the way in which he gets involved, and how he reacts to the change).

The goal of this project was to re-question the place of artistic and cultural projects in the life of a city and its communities/marginalized areas and to build a political partnership – artist – city/elected officials – upon an artistic practice.
Banlieues d’Europe supports the idea that the culture should play an important part in the life of deprived populations, in the marginalised neighbourhoods and districts, or in any geographically, socially, and consequently, artistically excluded area. We speak therefore of the necessity to involve the artistic networks in the implementation of such projects in the areas on the outskirts of the town, with the participation of various population categories. It seems important nowadays to cross the mental or geographical borders owing to the work on the imaginary the artistic projects propose.

Project key words: districts, town, populations, arts, culture, interventions, Europe, exchanges, training, and network.

About twenty participants coming from Romania, Bulgaria, France presented their experiences and debated on various topics: the town and the innovative and participative artistic/cultural practices, the artist and the urban communities, the artist’s “commitment” – interventions in the social and urban space.

The idea behind this first meeting was to give the floor to the actors developing artistic projects within specific contexts (neighbourhoods, communities, public space, prisons, alternative places…) in order to highlight the difficulties they come across but also what is at stake in this kind of projects. Our concern was to make the experiences traced visible, to confront them, to share them, in order to be able to create a space where this enthusiasm may be shared, equalled, or surpassed, where this will of action may take shape into joint projects.

Participants:
Manuèle Debrinay-Rizos (cultural attachée, General Delegate of the Alliance française of Paris to Bulgaria), Sarah Levin (director of Banlieues d’Europe, France), Silvia Cazacu (Banlieues d’Europ’est, Romania), Irina Cios (director of ICCA – International Center for Contemporary Art – , Romania), Frédérique Ehrmann (artist, France), Petko Dourmana (director of InterSpace, Bulgaria), Philippe Mouillon (plastic artist, Artistic Director of the Grenoble Laboratory and of Local.contemporain, France), Christian Benedetti (theatre director and director of Théâtre Studio d’Alfortville, France), Krassimira Krastanova (University of Plovdiv, Bulgaria), Maria Draghici, Irina Gadiuta (artists of the group “attack of generosity”, Romania), Doru Catanescu (actor, GAT005- Group for Theatrical Action, Romania), Pascal Brunet (director of Relais Culture Europe – Resource centre for Europe and Culture, France), Pascale Bonniel Chalier (consultant in international cultural projects, France), Dessislava Gavrilova (director, Red House – Centre for Culture and Debate, Sofia, Bulgaria), Emile Varbanov (chief expert of the National Cultural Fund, Bulgaria), Claudine Justrafré (cooperation attachée, French Institute of Sofia).

***European Context

a) Some General Remarks
In the physical meaning of the term, the European borders are about to be retraced
– Within Europe, the cultural diversity is rather recreating inter-European tensions
– People’s claims over their languages (an issue that exists among culture, institution, democracy, economy) and the question regarding the circulation of works, the use of works to the purpose of strengthening the presence of the language.
– The territorial aspects regarding the cohesion policy, the importance of the territories and, especially, the importance of the urban territories, their recent mutations
– The issues regarding the populations, the communities, engendered by immigration, the difficulty of starting a debate on this topic
– The development of economical or cultural globalization phenomena
– The impact of the economy on the cultural sector and vice-versa
– The difficulty of the small cultural actors to manage important amounts in the cultural field


b) Their consequences on the European agenda
Nowadays, we witness the multiplication, on a communitarian level, of numerous debates on:

– The globalization (the European Commission has started thinking rather about an axis for action with regard to the globalization phenomenon than about a policy)
– The multilingualism (a debate that is going to appear in six months)
– The preservation of the cultural diversity
– The importance of the urban fact in the cohesion policy
Another level is the place the culture occupies in the external relations of the European Union. Important aspects:
– The emergence of the EU will to start a new political dialogue with other regional units
– The acknowledgement of the cultural point in the political concerns (a forum in Moscow will lay the foundations for the meditation on the cultural cooperation between Russia and Europe)
The third remark consists in the fact that the culture will never be subject to a particular policy, for EU has no cultural policy. Instead, there is a will to integrate the culture in the mainstreaming of the existent European policies.
The first workshops that are part of the discussions taking place, according to the schedule, after 2014, will open with the cultural issue. This is a new vision, and this new change translates into
the
agendas of Lisbon and Göteborg.

The first agenda is that having caused the emergence of the idea of the knowledge society. The cultural actors must address the issue of our role in the production of knowledge and in the sharing of knowledge. The second ingredient of the Lisbon strategy is represented by the issue of the innovation. What gives rise to the innovation inside a society or territory? The third ingredient: the innovation must concern the economical and social innovation. The cultural actors are capable of interfering with both these sectors.
The Göteborg agenda tackles the issue of the sustainable development, together with the inherent difficulty of well distinguishing the place of the culture as part of this development. The second ingredient, and we must know how to integrate it, is represented by the social innovation; any development can only be managed and ensured in the context of the development of a more and more fair society. The Göteborg text says that, without social equity, this development cannot fulfil the condition of durability. And the third device concerns the issue of our taking into account the environmental matter via the cultural sector.
These two important agenda postulate the fact that the territory is the place where three problematics are joined together: the economical development, the cultural development, and the environmental laboratory.

c) Perspectives for the Culture
– Fundamental question: What are the innovation areas of the cultural sector?
Areas to which little thought has been given:
– The approach of projecting on the cultural sector things that have been achieved in the economic sector: la the issue of incubators, of nurseries, an entire array of mechanisms that the economic world or the world of development have imagined in order to meet the needs of emergence or of support of fragile activities that must be strengthened at a certain point
– Starting thinking about the local productive systems that are the systems of an urbanized world. How to re-build this production system in larger territories or in territories capable of cooperating and to envisage the complementarities in a new way. This is an important mutation: the idea of imagining oneself as an actor – engineer of the entire array of problematics and to project them in strategic devices with a perspective.
And the other innovation plan proposed by the European programmes regards the entire sector of the social innovation, with the issue of the micro-funding; how would the micro-funding respond to the development of the small actors. We must think about widely explored mechanisms in the past such as the micro-credit, the guarantee system, and the mechanisms that support the emergence of economically fragile actors and that, at the same time, guarantee the autonomy of these actors.
The second way is represented by the local exchange systems, the L.S.E.s. These are also sectors that may be noticed in the social economy. How do we imagine, apart from a commercial activity, something that is beyond a non-commercial economy? How do we re-think the exchange system?
The third way of social innovation that is important for the cultural sector is the issue of mutualisation. How do we make again mutual part of the knowledge, functions, mechanisms, and how do we install them on cooperation structures?
The obvious conclusion here is to re-think all the European devices as laboratories for the cultural sector.


a) Urban Territory

The urban space has two important features:
– “It is everything but a white page” (Philippe Mouillon), it is a space where an extraordinary amount of layers of history are superposed
– This is a moving space

Therefore, the intervention in the urban space requires:
– a specific work: “we interfere with something that is not the equivalent of an workshop or a museum… we interfere with something that is neither white nor empty” (Phillippe Mouillon)- the prospective work: we are living in societies that alter very quickly and therefore it is important to meditate on and anticipate the potential mutations
– a theoretical work parallel to the artistic work
Mutations and problematics of the contemporary town:
– More complex identity systems where the global is extremely present in the construction of the individuals` identity
– Time mutation: the domination of the present time, of the instant, of the instantaneity, and a memory crisis, very few projections in the future, very few returns to the past
– The existence of a space fracture between the districts of a town, which gives rise to strong tensions and to real social problems. Objectives: to attempt to re-build the balance between various urban territories and to interfere against a certain form of territorial discrimination in order to be able to help certain districts to regain their strength (e.g. the town policy, implemented about twenty years ago in France)

b) Artistic Project
How can we work on these urban contemporary mutations? How can we react, meditate on, make these mutations visible? Examples: the Laboratory, the Local.contemporain, Grenoble, France and InterSpace, Sofia, Bulgaria.

Open Questions and Difficulties:

– Difficult urban contexts (e.g. Sofia, Bucharest) with respect to the implementation of artistic projects: the advertising industry that submerges the town, the public authorisation, the town of liberal type (town of fragmentation, of dis-rupture, town of the capitalist profit system based on the investment, without benefiting from an Urbanism Plan), etc. – The difficulty of having a dialogue with the town populations, to involve them in artistic projects – The concepts – urban space and public space – their different understanding depending on the social, historical context, etc. – What is the engine powering the innovation? What is it that makes a territory innovating? – The impossibility of weighing the interest in a certain artistic work carried on in the urban environment

c) Inhabitants, Participation

We are nowadays the witnesses of a fairy frequent phenomenon occurring all over Europe: the distancing of a certain number of inhabitants, of citizens, from the responsibility centers of power. The public policies and, above all, the local policies are nowadays expert policies. The inhabitants are completely set apart from the important decision making processes with regard to the town planning policy of creating a town and to the policy concerning the artistic, cultural, and patrimonial action, for instance. Objectives: to find the means, the moments when the inhabitants may take again possession of their towns, state their complex identities, identities that are often denied, and thet they need to express.
A second remark concerns the existence of the town – world, with a multicultural local society that is not perceived in the same manner by all its inhabitants. A certain number of social classes feel threatened by the presence of the foreigner, which gives rise to tensions, to conflicts.

Participation is a term that actually covers various levels of commitment, and may take completely different shapes. In this context, the essential question is how to build the mobilisation? Example: the town of Lyon, with its successes and failures.
The result is the reappearance of a complex process: supporting the populations in forging their own representations: a work that requires the means to do it, but also the responsibility of the artists and of the structures involved.

d) Connection among an Artistic Project, a Territory, and Its Inhabitants

Many artistic approaches to the territory: working on, for, or with the territory
Many types of spaces: public space, private space, urban and public space, private and urban space.
Fundamental questions:

– How do the artistic interventions modify the social and urban space (or the vision on the social and urban space) of life and of its inhabitants? And, the other way round, how does the confrontation with a territory modify the artistic practices?

– What is the project engineering that we can implement in order for it to answer the collective concerns, almost a public command, and at the same time, to create the conditions that are favourable to this achievement for the artists involved?

– How can we work on the territory resource?

– How can we activate the artistic creation in a context less or not institutionalised and closer to the real life?

– How can we create open pilotage committees with transversal dynamics in order to cross many approaches (territorial, social, artistic, and social insertion)?

– What about the necessity of working on the time, of having an eco-cultural approach, of reporting oneself at the same time to space and to time, while being respectful to the processes that we attempt to create?

– How can we “measure” the impact of the artistic projects on the local development of the communities?

Some General Remarks:

Phenomena that make difficult the attempt to develop innovative and participative artistic practices in countries such as Romania and Bulgaria:

– The bureaucracy
– The rather slow financing mechanisms
– The lack of infrastructures in the cultural area of the districts
– The lack of training programmes for the artists or cultural operators who wish to initiate projects in this area
– The lack of political will and of strategies in this respect

The public system and the funding mechanisms are really that honest, and this is due to the transition era these countries find themselves in.

Recommendations:

– Taking the time to prepare projects that are not only event, short-term, theme-oriented projects
– Fight against the European rhythm that supposes an accumulation of political will, slightly chaotic, that goes in all directions. In this respect, the Bulgarians, as well as the Romanians, have difficulties in seeing to what extent they can interfere with the current devices that are that numerous
– Think about the entire array of European devices as laboratories in the cultural field

SYNTHÈSE/fr


*** Introduction
Les premières rencontres de Banlieues d’Europ’est – Les centres de la périphérie – ont présenté plusieurs expériences nées à la périphérie géographique des villes, tout en dégageant une série des problèmes qui restent à être approfondies : financements, pérennisation des actions, partenariats.
L’importance de ces problématiques dans le contexte socio-économique actuel, nous a obligés à poursuivre la réflexion en termes plus concrets et de proposer des binômes comme : l’artiste et la ville (le rôle des artistes dans la vie de la cité mais aussi le rôle des élus, des autorités locales dans la mise en place des projets artistiques,) l’artiste et la population (comment l’artiste s’installe sur un territoire, comment il intervient et comment la population réagit face à ce mouvement).

Les objectifs du projet étaient de ré/interroger la place des projets artistiques et culturels dans la vie d’une ville et de ses communautés/zones marginalisées et d’établir un partenariat politique – artiste-ville/élus – sur une pratique artistique.
Banlieues d’Europe défend l’idée que la culture à un rôle à jouer au plus prés des populations démunies, dans les quartiers ou dans tout autre zone d’exclusion géographique, sociale et, par suite, artistique. Dans ce sens-là, nous parlons de la nécessité d’impliquer les réseaux d’artistes pour la mise en place de tels projets dans des quartiers, zones périphériques de la ville, avec la participation de différentes catégories de populations. Dans le contexte actuel il nous semble important de dépasser les frontières, géographiques et mentales, grâce au travail sur l’imaginaire que proposent des projets artistiques.

Mots clés du projet : quartiers, ville, populations, arts, culture, interventions, Europe, échanges, formation, réseau

Participants :

Manuèle Debrinay-Rizos (attachée culturelle, Déléguée générale de l’Alliance française de Paris en Bulgarie), Sarah Levin (directrice de Banlieues d’Europe, France), Silvia Cazacu (Banlieues d’Europ’est, Roumanie), Frédérique Ehrmann (artiste, France), Petko Dourmana (directeur de InterSpace, Bulgarie), Irina Cios (directrice du CIAC – Centre International pour l’art contemporain, Roumanie), Philippe Mouillon (plasticien, directeur artistique de Laboratoire à Grenoble et de Local.contemporain, France), Christian Benedetti (metteur en scène et directeur du Théâtre Studio d’Alfortville, France), Krassimira Krastanova (Université de Plovdiv, Bulgarie), Maria Draghici, Irina Gadiuta (artistes du groupe « L’offensive de la générosité», Roumanie), Doru Catanescu (comédien, GAT005- Groupe d’Action Théâtrale, Roumanie), Pascal Brunet (directeur Relais Culture Europe – Centre ressources sur l’Europe et la Culture, France), Pascale Bonniel Chalier (consultante en projets culturels internationaux, France), Dessislava Gavrilova (directrice, Red House – Centre for Culture and Debate, Sofia, Bulgarie), Emile Varbanov (expert en chef du Fond Culturel National, Bulgarie), Claudine Justrafré (attachée de coopération, Institut français de Sofia).

*** Le contexte européen
a) Quelques constats généraux
– physiquement les frontières, en Europe, sont en train de se reconstruire
– à l’intérieur de l’Europe, la diversité culturelle est plutôt en train de recréer de tensions intra-européennes
– la revendication des peuples sur leurs langues (une question qui est entre culture, institution, démocratie, économie) et la question de circulation des œuvres, de l’utilisation des œuvres pour renforcer la présence de la langue
– les aspects territoriaux et la politique de cohésion, l’importance des territoires et particulièrement des territoires urbains, leurs mutations récentes
– les problèmes de populations, de communautés, issues de l’immigration, la difficulté de faire émerger une communication sur ce sujet
– le développement de phénomènes de mondialisation économique ou culturelle
– l’impact de l’économie sur le secteur culturel et l’inverse
– la difficulté des petits acteurs culturels à gérer de grandes sommes dans le domaine culturel

b) Leurs implication sur l’agenda européenne
On voit se multiplier actuellement, au niveau communautaire, un bon nombre de communications sur :
– la mondialisation (la Commission Européenne commence à penser non pas une politique mais un axe d’action à l’égard de la mondialisation)
– le plurilinguisme (une communication qui va sortir dans six mois)
– la préservation de la diversité culturelle
– l’importance du fait urbain dans la politique de cohésion
Un autre niveau est la place de la culture dans les relations extérieures de l’Union Européenne. Des éléments importants :
– l’apparition d’une volonté de l’UE d’entamer un dialogue politique nouveau avec les autres ensembles régionaux
– la prise en compte du volet culturel dans les préoccupations politiques (un forum à Moscou initiera un socle de réflexion sur les coopérations culturelles entre la Russie et l’Europe)
Le troisième constat c’est que la culture ne fera jamais l’objet d’une politique particulière, il n’y a pas une politique culturelle de l’UE. Il y a une volonté de placer la culture dans le mainstreaming des politiques existantes au niveau européen.
Dans les discussions en train de se dérouler sur la programmation après 2014, les premiers ateliers s’ouvrent avec la question culturelle. C’est un aspect nouveau et ce nouveau changement se traduit dans
les agendas de Lisbonne et de Göteborg.

Le premier agenda
est celui qui a fait émerger l’idée de la société de connaissance. Les entrées que les acteurs culturels doivent remplir concernent notre rôle dans la production de la connaissance et dans le partage de la connaissance. Le deuxième ingrédient de la stratégie de Lisbonne c’est la question de l’innovation. Qu’est-ce qui provoque l’innovation dans une société ou dans un territoire ? Troisième ingrédient : l’innovation il faut être dans l’innovation économique, sociale. Les acteurs culturels se situent dans une capacité à répondre à ces deux secteurs.
L’agenda de Göteborg
pose la question du développement durable, avec une difficulté de bien voir quelle est l’articulation de la culture là-dedans. Deuxième ingrédient, il faut qu’on sache l’intégrer, c’est l’innovation sociale, tout développement ne saura maîtrisable et assurable qu’au prés du développement d’une société de plus en plus équitable. Le texte de Göteborg dit que sans équité sociale ce développement ne peut pas réunir les conditions de la durabilité. Et le troisième dispositif c’est la question de notre prise en compte des questions environnementales par le secteur culturel.
Ces deux grands agendas posent comme postulat que le territoire est le lieu d’articulation de trois problématiques: le développement économique, le développement culturel et le laboratoire environnemental.


c) Perspectives pour la culture
– Question fondamentale:
Quelles sont les pistes d’innovation pour le secteur culturel ?
Des pistes assez peu réfléchies :
– la démarche de projeter sur le secteur culturel des choses qui sont réalisées dans le secteur économique : la question des incubateurs, des pépinières, tout un ensemble des mécanismes que le monde économique ou le monde du développement avait imaginer pour répondre aux besoins d’émergence ou de soutien d’activités fragiles qu’ à un moment donné il faut renforcer
– commencer à réfléchir aux systèmes productifs locaux qui sont des systèmes dans le monde de l’urbanisme.

Comment on re-construit sur des territoires plus larges ou des territoires qui saches coopérer ce système de production et d’imaginer de façon nouvelle les complémentarités. C’est une mutation importante : l’idée de se penser comme un acteur-ingénieur de l’ensemble des problématiques et de les projeter dans des dispositifs stratégiques avec une perspective.
Et l’autre plan d’innovation que proposent les programmes européens c’est tout le secteur de l’innovation sociale, avec la question de micro financement, comment le micro financement répondrait au développement des petits acteurs. Il faut réfléchir à des mécanismes qui étaient très largement explorés, comme le microcrédit, le système de garantie, des mécanismes qui soutient l’émergence des acteurs fragile économiquement et qui, en même temps, garantissent l’autonomie de ces acteurs.
L’autre voie c’est les systèmes d’échange locaux, les S.E.L.-s. C’est aussi des secteurs observés dans l’économie sociale. Comment on imagine, à cote de l’activité marchande, quelque chose qui est en dehors d’une économie non-marchand. Comment on repense le système d’échange ? La troisième voie de l’innovation sociale importante pour le secteur culturel est la question de la mutualisation. Comment on ré-mutualise un certains nombre de connaissances, de fonctions, de mécanismes, et comment on les assoit sur des structures de coopération.
La conclusion qui s’impose est de penser l’ensemble des dispositifs européens comme des laboratoires pour le secteur culturel.


a) Le territoire urbain
L’espace urbain a deux grandes caractéristiques :
– « c’est tout sauf une page blanche » (Philippe Mouillon), c’est un espace ou une quantité extraordinaire d’histoire accumulée est superposée
– c’est un espace en mouvement
En conséquence, l’intervention dans l’espace urbain demande:
– un travail spécifique : « on intervienne dans quelques chose qui n’est pas l’équivalent d’un atelier ou d’un musée… on intervienne dans quelque chose qui n’est ni blanc, ni vide » (Phillippe Mouillon)
– le travail en prospective : nous vivons dans des sociétés de mutation extrêmement rapides et il est donc important de réfléchir et d’anticiper ces possibles mutations
– un travail théorique en parallèle au travail artistique
Des mutations et des problématiques de la ville contemporaine :
des systèmes identitaires plus complexes où le mondial est extrêmement présent dans la construction identitaire des individus
– la mutation de temps : la domination du temps présent, de l’instantané, de l’instantanéité et une mise en crise de la mémoire, très peu de projections dans l’avenir, très peu de retour sur le passe accumulé
– l’existence d’une fracture spatiale entre les quartiers d’une ville, ce qui génère des tensions fortes, des problèmes sociaux réels. Objectifs : tenter de reconstruire l’équilibre entre les différents territoires urbaines et intervenir contre une forme de discrimination territoriale pour pouvoir aider certains quartiers a se redresser (ex. la politique de la ville, mise en place il y a une vingtaine d’années en France)

b) Le projet artistique
Comment travailler sur ces mutations urbaines contemporaines. Comment intervenir, réfléchir, rendre visibles ces mutations ? Exemples : Le Laboratoire, le Local.contemporain, Grenoble, France et InterSpace, Sofia, Bulgarie.

Questions ouvertes et difficultés :
– des contextes urbains difficiles (ex. Sofia, Bucarest) pour la mise en place des projets artistiques : la publicité qui submerge la ville, l’autorisation publique, la ville de type libérale (ville de la fragmentation, de la dis/rupture, la ville du profit capitalistique a l’investissement, sans un plan d’urbanisme), etc.
– la difficulté de dialoguer avec les populations urbaines, de les impliquer dans des projets artistiques
– les concepts – espace urbain et espace publique – leur compréhension différente en fonction du contexte social, historique, etc.
– quels sont les leviers de l’innovation ? qu’est-ce qui fait qu’un territoire est innovant ?
– l’impossibilité de quantifier l’intérêt d’un travail artistique en milieu urbain

c) Les habitants, la participation

On constate actuellement un phénomène assez fréquent en Europe : l’éloignement d’un certain nombre d’habitants, des citoyens, des centres de responsabilité de pouvoir. Les politiques publiques et particulièrement au niveau local sont aujourd’hui des politiques d’experts. Les habitants sont totalement écartés de grandes prises de décision concernant la politique urbanistique de fabrication de la ville et la politique d’action artistique, culturelle, patrimoniale, par exemple. Objectifs : trouver des moyens, de moments où les habitants peuvent se réapproprier leurs villes, affirmer leurs identités complexes, identités qui sont souvent niées et qu’ils ont besoin d’exprimer.
Un deuxième constat c’est l’existence de villes-monde, avec une société locale multiculturelle qui n’est pas perçue de la même manière par tous les citoyens. Un certain nombre de classes sociales se sentent mis en danger par la présence de l’étranger, ce qui génère des tensions, des conflits.
La participation est un terme qui recouvre en réalité des niveaux d’engagement différent, qui peut prendre des formes complètement différentes. Dans ce contexte, la question essentielle est comment construire de la mobilisation ? (exemple : la ville de Lyon, avec ses réussites et ses échecs)
Le résultat est l’apparition d’un processus complexe : l’accompagnement des populations dans la mise en forme de leurs propres représentations : un travail qui demande des moyens et aussi de la responsabilité de la part des artistes et des structures impliquées.

d) L’articulation entre un projet artistique, un territoire et ses habitants
Plusieurs approches artistiques du territoire : travailler sur, pour ou avec le territoire
Plusieurs types d’espaces : espace public, espace privé, espace urbain public, espace urbain privé.

Questions fondamentales :
– De quelle manière les interventions artistiques modifient-elles l’espace socio urbain (ou le regard sur l’espace socio urbain) et la vie de ses habitants ? Et inversement, de quelle manière la confrontation avec le territoire modifie-t elle les pratiques artistiques ?
– Quelle ingénierie de projet peut-on mettre en place pour que ca puisse répondre à des préoccupations collectives, presque à une commande publique, et en même temps créer les conditions favorables à cette réalisation pour les artistes impliqués ?
– Comment travailler sur la ressource du territoire ?
– Comment activer la création artistique dans un contexte moins ou non institutionnalisé et plus proche du contexte de la vie réelle ?
– Comment mettre en place des comités de pilotage ouverts avec des dynamiques transversales pour croiser plusieurs approches (territoriale, sociale, artistiques, insertion sociale) ?
– La nécessité de travailler sur le temps, d’avoir une approche éco-culturelle, être à la fois dans un rapport à l’espace et dans un rapport au temps respectueux des processus qu’on veut créer ?
– Comment « mesurer » l’impact des projets artistiques sur le développement local des communautés ?
Quelques constats généraux :
Des phénomènes qui rendent difficile la démarche de développer des pratiques artistiques innovantes et participatives dans des pays comme la Roumanie et la Bulgarie :
– la bureaucratie,
– les mécanismes de financement assez lourds
– le manque d’infrastructures du secteur culturel dans les quartiers,
– l’inexistence des formations pour des artistes et de operateurs culturels qui veulent initier de projets dans ce domaine
– le manque de volonté politique et des stratégies dans cette direction
Le système public et les mécanismes de financement ne sont pas très honnêtes, ca relève de cette époque de transition que ces pays traversent.
Recommandations:
– prendre le temps d’élaborer des projets qui ne soient pas seulement de projets événementiels, ponctuels, de court terme
– contrecarrer le rythme européen qui présuppose une accumulation de volonté politique, un peu chaotique, qui part dans tous les sens. Dans ce sens, les Bulgares, comme les Roumains, ont du mal à voir dans quelle mesure ils peuvent s’insérer dans les dispositifs actuels qui sont si nombreux
– penser l’ensemble des dispositifs européens comme des laboratoires pour le secteur culturel

 Une synthèse réalisée par Silvia Cazacu, Banlieues d’Europ’est, Roumanie