LABORATOIRES ARTISTIQUES URBAINS

Rencontre régionale Banlieues d’Europ’est                                 
LABORATOIRES ARTISTIQUES URBAINS
Expérimenter. Inventer. Mobiliser 
Timisoara 2008   
Avec le soutien du Centre Culturel Français de Timisoara et Banlieues d’Europe, France
Partenaire: La Faculté des Arts et de Design, Timisoara

Loin des espaces formatés ou des circuits artistiques traditionnels, les artistes inventent des formules, développent des processus artistiques impliquant la population, proposent de formes de diffusion inédites. Dans ces laboratoires artistiques urbains, artistes, chercheurs et population travaillent ensemble pour inventer, expérimenter, créer et partager de nouvelles formules d’action artistiques, en lien avec le territoire, le quotidien, la mémoire, le vécu. Souvent, dans des pays dits en transitions, ce type de projets représente une alternative viable pour les zones urbaines marginales, caractérisées par la pauvreté, le vide culturel, l’exclusion.

L’axe central du projet a été représenté par l’idée de LABORATOIRE, comme lieux de travail, d’expérimentation, de recherche et de production. L’idée de laboratoire permet de croiser des pratiques, des disciplines, des méthodes.

Le deuxième axe du projet s’est concentré autour de l’idée d’INNOVATION, introduire quelque chose de nouveau dans des modèles de pensée, de fonctionnement et d’action traditionnels.

 Le troisième axe du projet a visé l’idée de la PARTICIPATION. Construire l’inclusion, favoriser la participation, exercer la capacité d’expression et de création, activer les lieux de vie, ouvrir des espaces d’expérimentation, de recherche et d’action, faciliter l’accès sont aujourd’hui des objectifs hautement déclarés mais rarement suivies des actes, des gestes concrets.

  

 Quelques questions des ateliers:

Introduction thématique – Jean HURSTEL, Président de Banlieues d’Europe / France

 « Du laboratoire au territoire » – Hugues BAZIN,  Chercheur indépendant en sciences sociales

 Atelier 1 // ROUMANIE, TIMISOARA

« C’est bien que ça se passe- le rôle des expérimentations artistique et culturelle  en Roumanie » – Antoine BURRET, étudiant, Master management et politiques culturelles dans les Balkans //

Le Festival sTRAdART// Timisoara

Eric BAUDE, Directeur du CCF Timisoara, Julie MANIERE, Chargée de mission culturelle au CCF Timisoara , Violeta MIHALACHE, Chef du Département Information et Communication, Mairie de Timişoara , Melania POP, Raluca POP, GTZ (Centre de coordination pour la réhabilitation des quartiers historiques de Timisoara), Vlad CADAR, Artiste participant

  

 Atelier 2// INVENTER : Dispositifs, pratiques et compétences expérimentales (création, production, diffusion, gestion et réseaux, coopération)

Istvan SZAKATS, Lala PANAIT,  La Fondation AltArt, Cluj // Roumanie , Laure GAYET, Association Dédale // Festival Emergences – Smart City // France, Modérateurs : Hugues BAZIN // Silvia CAZACU

Quel type de pratiques/dispositifs, quel processus de création, quelles moyens de production et de diffusion. Les leviers de l’innovation.

 

Table ronde –  LABORATOIRES ARTISTIQUES URBAINS : enjeux, limites et perspectives (recherche: des approches culturelles, artistiques, sociales, territoriales //organisation //autogestion//évaluation)

Hugues BAZIN, « Du laboratoire au territoire » , Istvan SZAKATS, Lala PANAIT, La Fondation AltArt, Laure GAYET, Dédale // Festival Emergences, Antoine BURRET, étudiant au Master management et politiques culturelles dans les Balkans à Belgrade, Silvia CAZACU, Banlieues d’Europ’est, Corina RACEANU, expert indépendant, Modérateur: Jean HURSTEL, Banlieues d’Europe

De quelle manière les pratiques artistiques modifient-elles l’espace socio-humain et urbain ? Et inversement, de quelle manière la confrontation avec le territoire modifie-t elle les pratiques artistiques? Comment construire/favoriser la mobilisation ? Quelles modalité d’implication/participation des populations, d’appropriation du territoire, quels moyens de pérennisation de ces pratiques, enjeux et difficultés/limites de ce type de projets. Quelle ingénierie de projet? Comment activer la création artistique dans un contexte moins ou non institutionnalisé et plus proche du contexte de la vie réelle ? Comment mettre en place des comités de pilotage ouverts avec des dynamiques transversales? Quels liens avec les circuits artistiques traditionnels ?

    

Synthèse

Remarque:.

 

Les Rencontres ont été organisées à Timisoara, à la Faculté des Arts et de Design. Nous avons choisi cette location dans le but d’associer les institutions dans une démarche qui visait l’élaboration et la mise en œuvre d’approches et de méthodes permettant de prendre en considération les réalités d’un pays, d’une ville, en sorte de définir des stratégies d’action et de développement adaptées au contexte. Un des objectifs de Rencontres était de sensibiliser les responsables d’institutions publiques et les acteurs culturels de Timisoara à la nécessité de nouvelles formes d’actions participatives et d’une approche pluridisciplinaire qui intègre la dimension globale du cadre de vie: le territoire, les populations, les acteurs du développement. Dans le même sens, le projet, localisé à Timisoara, avait quelques objectifs particuliers:

·         développer la coopération et le dialogue au niveau européen grâce à l’échange d’informations, la mise en réseau et la mise en débat

·         sensibiliser les étudiants en art et gestion de projets culturels au domaine de l’action interdisciplinaire

·         valoriser la recherche pour renforcer la qualité de la réflexion et de la transmission des pratiques, de savoir et leur capacité à répondre aux besoins des habitants d’une ville, aux transformations urbaines actuelles

·         réfléchir sur la créativité comme agent de transformation sociale, voir comment les projets artistiques peuvent initier des dynamiques sociales, citoyennes

L’élément intéressant et original fut la volonté des autorités de s’associer à notre démarche confrontée au désintérêt des acteurs culturels locaux (malgré le travail de communication fait). Cela prouve la nécessité de transformer l’action culturelle, de la refonder en passant par des laboratoires. L’absence de public a transformé ces rencontres, devenues ainsi un espace de réflexion et de débat libre au sein d’une institution absente et désintéressé. Dans ce contexte difficile, les démarches d’un réseau comme Banlieues d’Europ’est gagnent de nouvelles dimensions, orientées vers un travail multiplié, réactif, à l’écoute des besoins réels identifiés sur le terrain. 

I. IDENTIFICATION DES PROBLEMATIQUES

 

Les débats sur les laboratoires artistiques urbains ont soulevé quelques questions importantes dans le contexte urbain actuel :

·         il y a un problème généralisé de manque (d’intérêt, de moyens, de politiques culturelles viables, de financements)

·         les alternatives existantes (des lieux/les friches, de travail dans les quartiers et dans l’espace public, des échanges internationaux  par les réseaux, etc.) répondent-ils aux enjeux actuels?

·         la difficulté d’évaluer l’impact politique ou social des actions culturelles, des interventions artistiques

·         la présence d’un archétype de la manière dont on voit la culture: une culture patrimoniale qui coûte très chère et qui n’est pas accessible pour tous

·         l’échec de la démocratisation culturelle (les gens ne rentrent pas dans les endroits culturels)

·         le questionnement du rapport de la culture aux territoires et aux populations

·         une crise institutionnelle: l’impossibilité de saisir les réalités et de répondre aux défis actuels, un discours autiste, construit à l’avance, des lieux culturels conçus comme une reproduction de la vie esthétisée

·         la politique de l’offre pratiquée par de nombreuses institutions culturelles ne favorise pas ou peu l’élargissement social des publics

·         la prolifération des projets classiques habillés d’alternatif

·         l’absence de l’espace public dans sa définition politique: le lieu rationnel ou on problématise les enjeux, ou on pose des questions publiques (Hugues Bazin)

·         plusieurs types de frontières actives qui font l’échec de la démocratisation culturelle

·         la nécessité d’une délocalisation du pouvoir

·         la difficile émergence des actions innovantes

·         l’impossibilité pour certaines actions innovantes de s’inscrire dans la durée

·         la notion de résidence : mise en question du sens et des objectifs

·         la diversité des modèles de politiques culturelles en Europe, la difficulté pour des pays comme la Roumanie de choisir un système viable ou d’en inventer à partir de réalités existantes

 

II.         ENVISAGER QUELQUES PISTES ….

·         Le laboratoire (expérimentation, innovation, mobilisation)

Le laboratoire comme :

        une attitude, une approche

        une façon d’envisager les pratiques de création et d’invention

        un “espace“ de croisements et de convergences potentiels, de circulations et d’explorations

Le Laboratoire comme un ensemble «agrégatif»

Le laboratoire comme dispositif dynamique:

        métamorphoser les pratiques culturelles/ artistiques

        accueillir de nouveaux contributeurs

        faire circuler les initiatives, les points de vue

        proposer des formes d’action

        faire apparaître des situations

        baliser les territoires (géographiques, disciplinaires, etc.)

Le laboratoire comme révélateur:

        pour chaque participant comme pour les récepteurs

        à des recherches/démarches

Dimensions:

        recherche: des approches culturelles, artistiques, sociales, territoriales

        organisation: autogestion/évaluation

Démarches:

        créer de l’interdisciplinaire (la fonction de l’artiste aujourd’hui dans la société n’est pas simplement de créer un œuvre, les artistes sont de plus en plus interdisciplinaires)

        la logique de laboratoire – une logique interdisciplinaire qui n’est pas une addition de compétences mais une mise en correspondance

        créer des correspondances entre les champs d’activité (l’art, le social, et la science etc…)

        créer des situations collectives de travail

        trouver des outils méthodologiques adaptés au contexte

        produire une société de connaissance

        développer des lieux de création culturelle où les acteurs (habitants, travailleurs sociaux, artistes, etc.) s’interrogent sur leur rapport au territoire et sur le rôle de la culture

Une définition du laboratoire : énergie et capacité de transformation de la culture (Hugues Bazin)

·         La mobilité

Aujourd’hui la fracture n’est pas entre les gens cultivés et les gens moins cultivés mais entre les gens qui sont mobiles et les gens qui ne le sont pas, les gens qui sont assignés à un territoire, un territoire qui est à la fois un territoire géographique, architectural, mais aussi un territoire mental. Dans ce cadre, l’enjeu principal est la capacité de créer de la mobilité (pas une mobilité ultracapitaliste, ultralibérale) mais une  mobilité politique, culturelle, de transformation, qui engage un travail sur le territoire (donc une mobilité spatiale) et une autre manière d’interroger le rapport du centre à la périphérie.

 

·         Les micropolitiques, les microréalisations (Hugues Bazin)

Le travail des laboratoires amène à la création de nouvelles centralités dans des zones marginales, isolées et instaure la mobilité entre ces centres. Dans ce sens, la rencontre avec l’artistique/l’artiste devient politique et agent de développement du territoire. Les laboratoires urbains peuvent générer également une mobilité entre les experts et les lieux.

Le travail dans le micro crée de nouvelles centralités qui permettent de dépasser le paradigme classique: le centre et la périphérie.

«Travailler aujourd’hui sur la frontière c’est aussi une manière de se réapproprier la culture comme agent de transformation des territoires.» 

Hugues Bazin

·         La notion de recherche-action et L’interstice (Hugues Bazin)

 

La recherche-action utilise le laboratoire comme un analyseur, un producteur de connaissance, un lieu d’expérimentation. Les diverses démarches du laboratoire conduisent à interroger les rapports au territoire et permet de créer des situations collectives de travail, des espaces libres, des interstices. Dans ce cadre, l’interstice devient un poste d’observation privilégié pour comprendre la ville, le territoire. 

On peut créer des interstices aussi dans les institutions La création d’un espace de travail diffèrent, interstitiel, est aussi une façon d’envisager le travail de laboratoire. Dans ce sens, les participants aux Rencontres ont expérimenté cette idée par la création d’un Laboratoire ad hoc, au sein d’une institution à Timisoara – la Faculté des Arts – dont les représentants étaient absents. Cette réalité démontre le fait que les institutions ne sont pas intéressées à trouver des solutions à une crise qui affecte leur fonctionnement. 

Nous soulignions également la dimension subversive de l’interstice (Hugues Bazin) comme agent de transformation. La culture aujourd’hui représente aussi la capacité de (se) transformer: soi-même (en tant qu’individu) et l’environnement, la société.

On parle beaucoup à tous les niveaux de la diversité culturelle mais on ne pose pas une question simple: qu’est-ce que le travail de la culture aujourd’hui? Hugues Bazin affirme que «ce n’est pas simplement l’addition des identités culturelles différentes mais un travail qui réunit ces identités, notamment dans les quartiers dits populaires».

Une autre manière de qualifier l’interstice, de sortir des dispositifs «classiques», est de créer une mobilité entre différents lieux. Les expériences présentées lors de cette rencontre ont démontré qu’ils y a des artistes qui travaillent dans l’interzone, sur le déplacement, et qui mobilisent les populations de différents territoires. Les populations deviennent  co-acteurs du processus artistique, créant des centres là où ils sont (au sens physique ou symbolique du terme) sous la forme de friche, d’interstice, de centre culturel, un point d’un réseau, une galerie dans un appartement.

 III.      LES INTERVENTIONS

La réflexion s’est articulée à plusieurs niveaux :L’ESPACE PUBLIC 

o        deux ateliers thématiques en petits groupes de travail

o        deux interventions et une table-ronde réunissant les participants

Les interventions ont abordées deux types d’espaces de la ville (et de dispositifs /compétences /pratiques spécifiques): l’espace public et l’espace numérique.

 

a.     Le contexte local («C’est bien que ça se passe – sur le rôle des expérimentations artistiques et culturelles en Roumanie» par Antoine Burret)Thématiques et constats:

        La crise de la représentation politique (la question du contenu social et culturel de la démocratie)

        Une société autoproclamée civile

        Mimétisme institutionnel et spécificités culturelles

        Activisme artistique et micro politiques

Conséquences:

        Les anciens modèles de travail et de conception de la culture persistent et empêchent (par une modernisation de façade) l’avènement d’une politique culturelle adaptée au contexte et répondant aux besoins locaux.

        La difficile émergence des actions innovantes

        L’action culturelle se développe entre le mimétisme et les pressions internationales, ce schéma limite les apports politiques du volet culturel à la simple représentation (souvent folklorique) nationale

        L’enjeu pour les acteurs culturels en Roumanie se trouve dans leur capacité à implanter un cadre propice à l’émergence d’un modèle autochtone de développement en redéfinissant les paradigmes selon le contexte local

 

 

        Le manque d’intérêt de la part des institutions mais aussi du public pour les manifestations culturelles qui prennent en compte les  pratiques artistiques innovantes et participatives

 

 

b.      La présentation des actions réalisées Timisoara – Le Festival d’Arts Urbains sTRAdART
Le contexte localQUESTIONS : est-ce qu’on peut parler d’une nouvelle utopie de jonction, de communication? de nouveaux agoras et nouveaux e-space, nouvelles communautés (virtuelles), des e-tribes (Istvan Szakats) ?

 

        La périphérie se trouve marginalisé du centre, isolée, avec une population exclue des circuits urbains

        Les institutions publiques sont concentrées au centre, sans  politique d’ouverture aux nouvelles catégories de public

        Les populations défavorisées ne disposent pas d’instruments/dispositifs pour exercer leur droit à la culture, à la participation. Ces populations ne sont jamais touchées par l’offre culturelle existante. Très souvent, ces catégories de population sont perçues comme des entités qui doivent être assistée.

         La nécessite d’une politique qui déplace le regard, qui délocalise le centre de pouvoir

 « Nous ne sommes pas très participatifs… » Corina Raceanu, expert indépendant

« Concernant le thème de laboratoires artistiques urbains, il y a un manque d’intérêt pour ces problématiques. » Melania Pop, Centre de coordination pour la réhabilitation des quartiers historiques de Timisoara

Les participants ont évoqués l’exemple du quartier Fabric de Timisoara, une zone ouvrière pauvre, isolée, avec beaucoup de communautés : magyare, bulgare, serbe et tzigane.

« Du point de vue historique, le quartier Fabric est la zone où il y a 300 ans les premières fabriques sont apparues et l’industrie locale a commencé à se développer… Qu’est-ce que nous avons fait ces derniers 300 ans ??? Rien.» Violeta Mihalache, Mairie de Timisoara« sTRAdART ne changera pas notre perception sur la zone… La solution serait de multiplier cette initiative le plus possible. » Violeta Mihalache, Mairie de Timisoara 

« Le Festival sTRAdART représente une tentative de se réapproprier l’espace… une réconciliation avec l’espace public… une modalité d’aller à la rencontre de ce public. (n. le public des quartiers périphériques) ». Eric Baude, directeur du CCF Timisoara  

Compte tenu du déficit d’action des institutions publiques locales, les services culturels étrangers (français et allemande) ont initié un Festival d’Arts Urbains (http://www.ccftimisoara.ro/?id=600) visant à créer de nouveaux rapports avec les populations, faciliter leur implication et  diversifier les modes d’expression.

 

Conclusion: Dans le contexte de Timisoara, le Festival sTRAdART représente un projet innovant (Julie Manière, CCF Timisoara) pour deux raisons: le lieu sensible et le rapport au public (populations).  Le projet a généré également des collaborations entre les acteurs sociaux et culturels travaillant sur le territoire. Il s’agit de créer des communautés d’intérêts, des ponts entre les compétences de chacun, leur connaissance du territoire et des populations. En absence d’une politique culturelle cohérente, ces partenariats permettent d’agir efficacement au plus près des réalités sociales et des besoins des habitants

L’ESPACE NUMERIQUE

L’atelier s’est concentré autour de quatre dimensions de l’innovation:

CREATION

        les nouveaux territoires d’investigation artistique, les « e-formes »

        le “dispositif” en tant qu’espace partagé, évolutif,  critique/un lieu actif et générateur de différentes esthétique

        le dispositif comme espace socio-technique (auto-construction collective)

        nouvelles transactions face à “l’objet culturel”, l’invention de relations entre des sujets: destinataires, correspondants et acteurs, nouvelles formes de relation au public

PRODUCTION

        comment trouver une économie à ces formes artistiques en construction (production, diffusion, publics)? avec quels nouveaux outils se produisent ces projets ?

DIFFUSION

        comment montrer? comment diffuser? inventer des lieux ou des structures passerelle avec les territoires (capables de faire le lien avec les acteurs sociaux et les populations)

GESTION

        l’apparition d’une nouvelle génération d’acteurs culturels. réflexion/analyse sur la gestion de tels projets, quelles conséquences organisationnelles, économiques etc.

 

« L’espace numérique n’est pas un espace alternatif… pour nous l’utilisation des nouvelles technologies permet de coller à une réalité qui est celle de la culture d’aujourd’hui…. Utiliser les technologies dans la création artistique permet de ne pas laisser l’espace commercial le seule détenteur de cette technologie et ne pas utiliser les jeunes sans signification et sens réel… de proposer une nouvelle lecture de la ville – qu’elle soit décalée, qu’elle soit artistique, critique, juste en utilisant les outils et les usages qui correspondent à la réalité urbaine contemporaine. »  Laure GAYET, Dédale // Festival Emergences

Les technologies émergentes sont aujourd’hui un instrument accessible générant une production et des liens, une netographie qui étend progressivement, continuellement, l’audience et les contributeurs. Les «pocket techologie» représentent une nouvelle dimension qui transcende le réel et qui génère de nouveaux espaces. Le bénéfice de ce phénomène est la création de nouvelles plateformes sociales avec un fondement de confiance public basée sur le click et le lien direct vers les communautés (Istvan Szakats).  

« Le virtuel créé du réel (voir la circulation des phénomènes via Internet). »  Hugues Bazin, chercheur 

 « L’âge électronique total s’installera bientôt. » Istvan Szakats, La Fondation AltArt

 

Le trinôme Art, Culture, Technologies produit de nouveaux agoras, de nouveaux espaces citoyens. Dans ces espaces collaboratifs, les notions de mobilité, de socialisation, de rencontre sont très usitées dans le but de casser les frontières multiples de l’espace réel. L’architecture mobile qui se crée permet une nouvelle lecture de la ville transformant les perceptions des utilisateurs. L’activisme et le détournement de codes de communication contribuent à la construction de cette nouvelle perception et répondent aux nouveaux enjeux urbains, y compris le phénomène de développement souhaitable où le citoyen doit trouver une place centrale.
 Synthèse réalisée par Silvia CAZACU et Antoine BURRET

 

PROJETS, STRUCTURES, INTERVENANTS

BANLIEUES D’EUROPE est un réseau culturel européen qui rassemble des acteurs culturels, des artistes, des responsables associatifs, des travailleurs sociaux, des chercheurs, des élus, sensibilisés aux questions de l’action artistique dans les quartiers défavorisés en Europe et en direction de personnes en situation d’exclusion. Depuis une dizaine d’années, Banlieues d’Europe organise de nombreuses rencontres internationales (Bruxelles, Strasbourg, Valencia, Roubaix, Glasgow, Berlin, Reims, Barcelone, Liège, Lyon, Bucarest, Anvers, Belfast…), participe à un nombre important de séminaires et de formations, publie des ouvrages de référence sur des projets culturels en Europe. Banlieues d’Europe est aujourd’hui un véritable lieu ressources de l’innovation culturelle et artistique en Europe, notamment via la diffusion de notre lettre d’informations électronique B@nlieues d’Europe. Le réseau rassemble environ 300 membres dans toute l’Europe. Banlieues d’Europe développe également la formation professionnelle à travers différentes sessions sous l’intitulé  » Université culturelle des Banlieues d’Europe « .

Centre de ressources de l’innovation culturelle et artistique en Europe

Banlieues d’Europe met en relation des artistes et des acteurs culturels travaillant sur des projets innovants autour de l’intégration des populations défavorisées en Europe, répond à des propositions d’échanges à l’échelon européen, participe de l’évaluation des projets et de l’expertise sur les questions de démocratie culturelle et reste ouvert aux diverses demandes en provenance d’artistes, d’associations, de collectivités à l’échelle internationale.

Rencontres & séminaires thématiques

Véritable plate-forme européenne d’échanges, les rencontres du réseau permettent à des professionnels des secteurs de la culture, de la politique de la ville, du secteur social, de l’urbanisme, de la recherche, de se rencontrer et de réfléchir de manière approfondie sur les problématiques liées à leurs pratiques.

Lettre d’informations électronique

B@nlieues d’Europe est bimensuelle et bilingue (français/anglais), elle relate les actualités permanentes des membres et partenaires de notre réseau, ainsi que celles d’artistes, d’acteurs et d’opérateurs travaillant dans les mêmes champs de compétence. Au sommaire : Agenda de la coordination du réseau, Nouvelles du réseau Banlieues d’Europ’Est, Actualités des membres et partenaires, Appels, Coups de coeur… Parution le lundi (tous les quinze jours). Envoyez-nous vos informations !

Formation professionnelle

La formation proposée par Banlieues d’Europe s’adresse aux professionnels du secteur social et culturel, afin de leur permettre d’acquérir à travers différents apports théoriques et pratiques des outils de médiation culturelle et interculturelle. Les séances alternent entre chercheurs universitaires, acteurs de terrain, responsables de politiques publiques, choisis à un niveau européen.

Recherche

Banlieues d’Europe participe à différents projets de recherche au niveau européen. Le réseau apporte son soutien au repérage des pratiques auprès des institutions culturelles et des artistes, et permet une interface avec la recherche universitaire (Direction recherche de la Commission Européenne, 5e PCRD : http://www.citynexus.com). Banlieues d’Europe est également sollicité pour des expertises en Europe : Programmes Urbact, DG Education-Culture, DG Affaires sociales…

 Jean HURSTEL, Président de Banlieues d’Europe / France

Jean Hurstel, formé à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Strasbourg (TNS), a fondé le théâtre universitaire en même temps qu’il effectuait des études de philosophie. Passionné par la question de la relation au public et de l’insertion du théâtre dans la cité, il poursuit plusieurs expérimentations à l’usine Alstom à Belfort, dans les quartiers ouvriers de Montbéliard Peugeot et dans le Bassin Houiller Lorrain. De 1992 à 2003, il dirige la Laiterie – Centre européen de la jeune création à Strasbourg. Jean Hurstel est également le président-fondateur du réseau culturel européen Banlieues d’Europe qui fédère les projets artistiques dans les quartiers populaires du continent. Depuis 2003, il est expert dans le programme Urbact de la Commission européenne et président des Halles de Schaerbeek à Bruxelles depuis le 1er juin 2006.

Publications : « Jeunes au bistrot, cultures du macadam » – Editions Syros – 1984 « Chroniques culturelles barbares » – Editions Syros – 1988 « Réechanter la ville » – Editions L’Harmattan – 2006

 

Hugues BAZIN, Chercheur indépendant en sciences sociales, Coordinateur scientifique du programme « Du laboratoire au territoire »

Hugues BAZIN est chercheur indépendant en sciences sociales, il développe à travers le principe de recherche-action des espaces de connaissance partagée et de transformation sociale en milieu populaire. Il crée en 2002 la plate-forme Internet http://www.recherche-action.fr devenue depuis un élément de référence en ce domaine. Ces programmes de recherche en situation ont contribué à la naissance et au développement en France d’un réseau inter-régional d’acteurs en recherche-action appelé « Espaces populaires de création culturelle ».

En 2006, une recherche-action intitulée « Du Laboratoire au territoire, le travail de la culture entre Paris et banlieue » est proposée dans le cadre du programme de recherche interministériel « culture en ville ». Elle s’établit principalement sur le 18ème arrondissement de Paris. Le but est de présenter une autre approche du territoire et de la culture en partant de la manière dont les acteurs s’approprient les espaces. Nous y retrouvons les notions d’interstices urbains, d’art contextuel ou participatif, ateliers-résidences, de pratiques transversales et interdisciplinaires, également un autre rapport de l’individu au collectif, de la singularité à la multitude, du centre à la périphérie, de la proximité à la distance. Créer des expérimentations dans ce sens n’est pas sans questionner le fonctionnement des lieux et des projets culturels habituellement divisés entre une « culture verticale » et une « culture horizontale ». Partir des espaces, là où la culture se réinvente et devient agent de transformation, c’est chercher des formes alternatives de développement social, économique, culturel…

Laure GAYET, Association Dédale // Festival Emergences – Smart City // France

Dédale est une plateforme de recherche, de production et de diffusion dédiée aux nouvelles formes artistiques et aux nouveaux médias en Europe. Son champ d’intervention concerne toutes les disciplines artistiques (arts visuels, arts de la scène, musique, arts de la rue, cirque, marionnettes, architecture, design…), le plus souvent dans une logique de croisement et d’hybridation. Elle s’intéresse tout particulièrement aux pratiques artistiques émergentes et aux nouvelles formes de médiation artistique.

Dans le cadre de ses activités, elle met en place le festival Emergences, qui a consacré ses 2 dernières éditions à la thématique SmartCity. Cette thématique correspond à un programme européen de recherche et de production artistique éponyme, initié et conduit par dédale autour du concept de « ville intelligente ».

A la pointe des nouveaux usages et des dernières avancées technologiques, SmartCity propose de transformer l’espace urbain – à l’intérieur duquel se cristallisent de nombreux problèmes de société – en lieu privilégié d’expérimentations.

Artistes, chercheurs, architectes, penseurs, politiques, industriels, ingénieurs, militants sont conviés à imaginer des formes inédites d’appropriation de l’espace urbain et, ce faisant, à définir une vision alternative de la ville, qui (re)donne aux habitants une place centrale. Dans le cadre du festival Emergences 2008, une première série d’expérimentations territoriales ont été réalisé. 20 artistes pluridisciplinaires étaient accueillis en résidence à la Cité internationale universitaire de Paris. Le résultat de ces recherches était présenté à l’occasion de la conférence SmartCity le 30 septembre dernier.

 

Istvan SZAKATS, Lala PANAIT, La Fondation AltArt, Cluj // Roumanie

AltArt contributes to the development of digital culture and to consolidating the cultural sector in Romania.

AltArt Foundation promotes new ways of artistic expression and a more participative approach of art from both artists and audiences. The foundation carries out mainly interdisciplinary projects, involving new media, film, photography, animation, performance.

The presentation showcases various projects of the AltArt foundation undertook in the last 8 years of activity

Antoine Burret, étudiant, Master management et politiques culturelles dans les Balkans

Mémoire de Master 2 : Le développement des pratiques artistiques et culturelles innovantes et participatives dans les pays en transition – étude de cas sur la Roumanie – D’un projet artistique à un projet politique

L’objectif ici n’est pas d’établir une typologie de projet local mais plutôt d’une certaine manière de décrire un contexte, d’en ressortir des mécanismes et pour faire échos à l’atelier qui va suivre, tenter de questionner dans ce contexte spécifique les compétences, les pratiques, les dispositifs à inventer afin de développer certaines formes de pratiques artistiques et culturelles. Le choix d’axer cette réflexion sur la Roumanie relève d’une opportunité stratégique. Non seulement sa situation économique et sociale est symptomatique des autres pays de la région mais en plus, l’entrée récente de ce pays au sein de l’Union Européenne entraîne une nécessité politique de suivre les directives européennes et interroge le rôle du développement culturel dans les mutations sociales auxquelles ces pays se confrontent ou vont se confronter. Comme ses voisins, elle souffre encore du brutal changement systémique imposé sans concertation à la chute du régime communiste. L’entrée dans l’Union Européenne a permis de développer les infrastructures sur un modèle mimétique mais les institutions n’ont pas observé de véritable bouleversement, entraînant une crise de la représentation politique et conséquemment, la rupture profonde du dialogue social. La société se détourne de la politique, la politique se détourne de la société.

Dans ce contexte, les acteurs de la société civile s’organisent grâce au soutient d’organismes supranationaux, mais en raison des politiques de formatage, ils s’éloignent du citoyen et corrélativement des raisons d’être d’une société civile. L’action culturelle se développe aussi dans ce même schéma entre le mimétisme et les pressions internationales, et limite les apports politiques du volet culturel à la simple représentation nationale. Cependant les mécanismes organisationnels et les actions de certaines ONG additionnés aux impératifs supranationaux de développement durable et aux agendas européens laissent entrevoir une perspective plus ouverte. Les impératifs d’innovation et la mise en valeur des politiques locales dans les stratégies de développement confèrent aux acteurs de la société civile et surtout aux acteurs de la culture une nouvelle dimension, qui est d’accompagner les institutions et les citoyens vers un modèle de société autochtone, participatif, nécessaire aux objectifs de développement durable. Le rôle crucial des pratiques culturelles et artistiques innovantes et participatives dans ce paradigme doit ainsi être mis en avant et servir de moteur au processus de développement grâce à leur capacité à créer de la mobilisation dans des systèmes micro-politiques effectifs. Néanmoins, ce nouveau rôle dépend de la faculté des acteurs de la société civile à créer des mécanismes de gestion et d’action complexe, intersectorielle et trans disciplinaire actif sur pour et avec les territoires en dialogue avec les stratégies mises en place afin d’adapter ou de modifier les mesures politiques internationales au contexte local.

 

sTRAdART, Festival d’Arts Urbains, « DELIRS PERIFERIC » // 2008

Rendez-vous des nouvelles formes artistiques urbaines, sTRAdART, projet franco-allemand porté par le Centre Culturel Français et le Centre Culturel Allemand de Timisoara, soutenu par le Fond Elysée, réunit pour la deuxième année à Timisoara des artistes français, allemands et roumains au sein d’une programmation transdisciplinaire et originale.

sTRAdART a pour vocation de faire la part belle aux nouvelles formes de création artistiques dans l’espace urbain : art en contexte, ville interactive, nouvelles architectures et nouveaux paysages urbains, art mobile, nouvelles cultures urbaines et autres formes d’appropriation artistique et critique de la ville.

Après avoir investi pour sa première édition la vieille place centrale du quartier Traian, sTRAdART se propose pour cette nouvelle édition de relier les quartiers anciens de Traian, Cetate et Iosefin, par la réappropriation artistique de tramways reliant ces trois quartiers voués à devenir des espaces culturels mobiles et la création d’un parcours urbain autour de cette ligne de tramway.

ARTISTES

Dans les tramways :

Julien GROSJEAN & Régis ESTREICH (FR) // TIMISOARA CAPPELLA – installation sonore // L’installation de Julien GROSJEAN & Régis ESTREICH s’articule à partir de témoignages d’habitants, d’archives radiophoniques sur le patrimoine, la culture, l’origine et l’Histoire de Timisoara, pour offrir une image sonore des quartiers de Traian, Cetate et Iosefin.

Rochus AUST (D) // LA VALISE SONORE – installation sonore et musicale //Cette pièce se construit de sons que Rochus AUST a enregistrés dans les quartiers de Timisoara ; à chaque station l’artiste ouvre sa valise et, accompagné de sa trompette, il offre un petit concert.

Sur les lignes :

Vlad CADAR (RO) // CULORI (COULEURS) – street art // Vlad CADAR propose, avec le projet CULORI, de changer l’atmosphère des lieux, des quartiers, et de la ville par des interventions colorées sur le mobilier urbain situé tout au long des lignes de tramway.

Silvestru MUNTEANU (RO) // INVISIBIL (INVISIBLE) – street art //Silvestru MUNTEANU installe dans les stations de tramway des autocollants grands formats où figurent les Invisibles, des personnages stéréotypés de différents ages et milieu sociaux peuplant les lignes de tramway et se révèlant souvent invisibles à nos yeux.

 

LE CENTRE CULTUREL FRANCAIS DE TIMISOARA

Nous souhaitons donner l’image d’une France riche d’une culture exigeante, active et diversifiée. En un mot, une culture attrayante. De ce point de vue, l’action du Centre s’inscrit dans les objectifs de la DGCID : « La diffusion de la culture française dans le monde constitue une constante de l’action du Ministère des affaires Etrangères. Si ce dernier accorde une attention importante aux oeuvres du patrimoine, il cherche prioritairement à faire connaître la création contemporaine française. » (La coopération internationale du Ministère des Affaires Etrangères, DGCID, Bilan 2002 et perspectives.) Cette politique prend tout son sens dans une ville comme Timisoara, dont la faiblesse de l’offre culturelle a été analysée précédemment. Le Centre Culturel Français ne pourra toucher son public qu’en lui offrant ce qu’il ne trouve pas ailleurs. Cette valorisation de la création contemporaine est inséparable d’une vraie pédagogie. Aucun public n’est acquis dans ce domaine. Il faut expliquer, convaincre les réticents et conquérir un public en demande de nouvelles cultures mais qui s’est détourné des salles de spectacles ou des lieux de diffusion culturelle. Dans une ville et une région où malgré un fort dynamisme économique, le secteur culturel reste fragile, le CCCL a un rôle décisif à jouer en mettant en relation les créateurs roumains avec les lieux de création et de diffusion européens. Il s’agit plus largement de briser l’isolement dont souffrent encore la plupart des créateurs roumains. Cette coopération prend une dimension particulière dans une ville comme Timisoara, qui souffre comme nous l’avons expliqué d’une image catastrophique sur le plan international. Tous les efforts du Centre, dans cette perspective, doivent contribuer à la restauration d’une image de la ville.

 

Melania POP, Raluca POP (Centre de coordination pour la réhabilitation des quartiers historiques de Timisoara) Participants: Melania Pop and Raluca Pop, cousellors of the City Hall for the rehabilitation project. 1. presentation (verbal joined by images) of the rehabilitation project in the context of Fabric, Cetate, Iosefin; the Project inside sTRAdARt. (Melania Pop) 2. presentation from stradart 2007, 2008 – verbal description plus relevant images (Raluca Pop). Basis for participation in sTRAdART: Data from the study regarding the socio-economical situation of the historical areas of Timisoara – Fabric, Cetate, Iosefin. (Video) The areas of Timisoara have a valuable historical and architectural significance. They gather around 14.000 old buildings. These historical quarters are the focus of the rehabilitation project. The same areas were the context for STRAdART. sTRAdARt 2007 – Traian (where the Rehabilitation Project’s office is located). sTRAdARt 2008 – Traian, Iosefin, Cetate – GTZs action area. Art in the public space – open, but difficult as approach – The Timisoara City Halls’s involvement. We saluted the idea because of the coincidence of spaces and interest regarding them. Our efforts are to raise the awareness of the inhabitants upon the topic of the rehabilitation of buildings, of architectural landscape. sTRAdARt comes as an intervention for the rehabilitation of spirit. Activities: Our focus in sTRAdARt. was upon the best target category to reach – children and via this target group, the other inhabitants. Through games of discovery, workshops, drawing, dancing, playing, discover, learn, revive, express themselves and impressions. Children traveled, sailed through the city by a boat (2007), and by tram (2008). Some were impressed by the technical gadgets, some by the music, the special tram of the festival. Presentation of both of editions

One Response to LABORATOIRES ARTISTIQUES URBAINS

  1. Vraiment un site à ne pas manquer

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